Henriette Bourdic-Viot,
Éloge de Montaigne
“ Ô divine amitié, que ton langage est pénétrant dans la bouche de Montaigne ! que les soupirs de l’amour sont loin de cette passion sublime que si peu d’hommes ont été dignes d’éprouver ! mille volumes sont remplis des fautes, des délires et des malheurs de l’amour ; à peine quelques lignes sont consacrées aux jouissances pures de l’amitié : la plume de l’histoire ne lui reproche ni crimes, ni erreurs, ni foiblesses ; mais elle est avare du titre d’ami, et ne compte qu’un très-petit nombre de modèles de cette amitié que l’infortune fortifie, tandis qu’elle a souvent affoibli l’amour. ”
