Résumé

J. C. Holl Les cahiers d'art et de littérature… (1905)

Ingres ne peut représenter la tradition que par son dessin si pur, si délicat qu'il s'efface presque aux contours de la forme, et par sa science de la composition qu'il semble avoir résumée dans le Bain turc. Mais la révolution de Delacroix, poursuivie par Manet, continuée par les impressionnistes et toute notre peinture moderne, c'est la révolte de la couleur contre les glacis de David et d'Ingres — et la couleur c'est la vie - le combat incessant de la lumière naturelle contre les éclairages d'atelier, le retour à la vie et l'adoration perpétuelle de la nature.
Source : Gallica

J. C. Holl Les cahiers d'art et de littérature… (1905)

M. Baignières est violent, au contraire, par excès de coloris qui dénote une âpre recherche et fait ressortir la robustesse des charpentes nues qu'il aime. Voilà, certes, un bel artiste sur les petits défauts duquel il faut glisser car on sent en lui la force mâle d'un talent qui s'assouplit déjà dans ce ravissant Portrait de Mme L. V., un pastel il est vrai.
Comme ces jeunes peintres du nu ont bien compris la leçon de Renoir et la vibration des épidermes dans les lueurs changeantes des chambres ou du plein air. Voici M. Bonnard, peintre très doué, qui expose Sommeil.
Source : Gallica

J. C. Holl Les cahiers d'art et de littérature… (1905)

M. Lempereur n'a pas encore parfaitement condensé son coloris dans l'harmonie de sa vision nette, et il se faut se reculer assez loin de ses toiles pour en saisir la vie grouillante. M. Piet a l'amour des groupes compacts et variés dont il sait fixer les multiples attitudes dans un ensemble harmonieux ; sa manière sobre lui donne beaucoup de charme. M. Maurer, dont on a remarqué d'excellents portraits au dernier salon de la Nationale, s'éprend cette fois de la vie folâtre. Le Bal Bullier vibre de vie et d'entrain dans des lueurs factices.
Source : Gallica

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