Résumé

Portrait de Jean Aicard Jean Aicard Prose de Jean Aicard

La vraie science n’a même plus cette prétention d’expliquer qu’elle avait hier. Chaque fois qu’un pauvre cerveau d’avant-garde découvre le pourquoi de quelque chose, c’est comme s’il réussissait à forcer une nouvelle porte de fer, mais pour n’ouvrir qu’un couloir plus effarant, plus sombre, qui aboutit à une autre porte plus scellée et plus terrible. À mesure que nous avançons, le mystère, la nuit s’épaississent, et l’horreur augmente... C’est alors que le « résidu » chrétien essaie encore de protester doucement au fond de nos âmes.
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La bonté est la vertu qui nous coûte le plus ; aussi nous cherchons, sans nous l’avouer, à supprimer les motifs d’être bons. Nous sommes partagés en castes et en classes rivales, et, comme si ce n’était pas assez de cette division naturelle, nous avons inventé les partis qui sont la manifestation la plus décisive de l’égoïsme. Jean Aicard a voulu n’être d’aucun, ce qui est difficile, touchant et périlleux, surtout quand on écrit des livres. Les livres de parti sont les seuls que la réclame daigne servir et que les puissants consentent à soutenir ; les autres doivent se soutenir tout seuls.
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Je crois en outre que, pour être vraiment populaire, il faut avoir fait, comme vous deux, une œuvre saine, en même temps qu’une œuvre d’art, car c’est surtout auprès des demi-cultivés, des demi-lettrés, des demi-élégants, que trouvent grâce le cynisme et les mots grossiers ; mais la majorité du peuple, non, chez nous, Dieu merci, elle est encore à préférer ce qui fait couler les bonnes larmes, ce qui est pur et même un peu idéal.
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