Résumé

Portrait de Jean Bodin Jean Bodin Les Six Livres de la République

Or nous laisserons aux Philosophes et Théologiens le discours moral, et prendrons ce qui est politique, pour le regard de la puissance du mari sur la femme, qui est la source et origine de toute société humaine. Quand je dis la femme, j’entends celle qui est légitime et propre au mari non pas la concubine, qui n’est point en la puissance du concubin : encore que la loi des Romains appelle mariage, et non pas concubinage, si la concubine est franche et libre : ce que tous les peuples ont regretté à bon droit, comme chose déshonnête, et de mauvais exemple.
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Le mot de puissance, est propre à tous ceux qui ont pouvoir de commander autrui. Ainsi le prince, dit Seneque, commande aux sujets, le magistrat aux citoyens, le père aux enfants, le maître aux disciples, le capitaine aux soldats, le seigneur aux esclaves. Mais de tous ceux là, il n’y en a pas un à qui nature donne aucun pouvoir de commander, et moins encore d’asservir autrui, hormis au père, qui est la vraie image du grand Dieu souverain, père universel de toutes choses, comme disait Procle Academicien.
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Et pour la conclusion de l’œuvre, j’ai touché la justice distributive, commutative, et harmonique, montrant laquelle des trois est propre à l’état bien ordonné. En quoi, peut-être, il semblera que je suis par trop long à ceux qui cherchent la brièveté : et les autres, me trouveront trop court : car l’œuvre ne peut être si grand, qu’il ne soit fort petit pour la dignité du sujet, qui est presque infini, et néanmoins entre un million de livres que nous voyons en toutes sciences, à peine qu’il s’en trouve trois ou quatre de la République, qui toutefois est la princesse des sciences.
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