E. de Bagreeff-Speranski

Résumé

E. de Bagreeff-Speranski Revue des Deux Mondes

Après avoir écouté les offices de la Vierge des affligés, pour laquelle mon père avait une dévotion particulière, nous revînmes à la maison. Il me mena droit au filleul du jardin. Nous nous assîmes.
— Ma fille, me dit-il avec une gravité sévère que je ne lui connaissais pas, tout entière à la maladie de ton âme et de ton corps, tu n’as prêté aucune attention aux événemens qui se sont passés autour de toi. Je ne t’en fais pas de reproches. Ton mal a été extraordinaire, et c’est une guérison miraculeuse qui t’en a délivrée. Mais quelle a été ta première pensée en revenant à toi ?
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E. de Bagreeff-Speranski Revue des Deux Mondes

Ma mère arriva bientôt, — rouge comme une rose baignée de pluie, disait plus tard mon père. En voyant les yeux du jeune séminariste attachés avec anxiété sur elle, elle rejeta son tablier sur sa tête et se cacha honteuse derrière ses parens. — Ma fille, dit le vieux prêtre de sa voix imposante, écoute-moi bien, car ce que j’ai à te dire est grave. Découvre ton visage et ton cœur devant nous pour que nous y puissions lire l’arrêt que tes lèvres vont prononcer. Voici un bon et honnête jeune homme qui vient nous rendre notre parole.
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E. de Bagreeff-Speranski Revue des Deux Mondes

Quand donc une jeune fille sans dot a-t-elle fait jamais des conditions à son prétendu? Quand donc une jeune fille modeste et réservée a-t-elle voulu entretenir un homme sans témoins? Seigneur mon Dieu, tu perds la tête !
— Laisse-la, commère, reprit la swacha; elle a peut-être raison. Ivan Matwéich est un homme entre mille, comme ta fille aussi n’est pas une fille à la douzaine.
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