Résumé

B. Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 12, 1902

C’est un travail sans fin, un bruit de machine sans trêve. J’entends à travers ce fracas les voix aiguës, aux inflexions nasales, de la maîtresse d’atelier, et des ouvrières qui se crient je ne sais quoi les unes aux autres. Toutes ces impressions sont effacées par l’étonnement attristé où me jette ce mécanisme énorme, inflexible, que de pauvres filles maintiennent en perpétuel mouvement, et la monotonie stupéfiante de cette vie d’atelier, de cette besogne expédiée automatiquement par les mains, sans que l’intelligence y ait aucune part.
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B. Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 12, 1902

Revenons à la population ouvrière de Perry. On peut relever en l’observant tous les traits caractéristiques du peuple américain : sacrifice de la famille à l’individu, détachement des générations par l’évolution rapide des conditions sociales, goût de l’indépendance, amour du luxe, et, en ce qui concerne les femmes, mode d’existence incompatible avec la grossesse, les soins maternels, la tenue d’un ménage. L’altitude de la femme est celle d’une rivale et d’un autocrate, jamais d’une alliée, d’une aide de l’homme.
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B. Van Vorst Revue des Deux Mondes tome 12, 1902

Je me révolte intérieurement contre une société dont les exigences matérielles ne peuvent être satisfaites qu’au prix du sacrifice des esprits et des corps. Ma propre fatigue physique me fait exagérer encore la compassion que je ressens pour mes camarades. Je ne les distingue plus entre elles, je ne vois qu’une classe innombrable d’esclaves également à plaindre. Le travail m’apparaît sous la forme d’un monstre nourri d’existences humaines.
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