Jean-Edmond Briaune

Résumé

Jean-Edmond Briaune Du droit électoral (1874)

Trois forces résident dans toute société : le nombre, l'intelligence et le capital. Ne tenir compte que de l'une d'elles c'est s'exposer ou à être renversé par les deux autres, ou à les amoindrir à tel degré que l'État affaibli ne pourrait se soutenir contre les États rivaux, et finirait d'ailleurs par s'affaisser sur lui-même. En effet, si vous pesez sur le nombre, il s'énerve dans la misère, s'abrutit dans l'ignorance, et, se vautrant dans la boue des passions, y dépérit, s'il n'en sort comme un animal affamé qui ne voit dans le gouvernement qu'un ennemi et dans la société qu'une proie.
Source : Gallica

Jean-Edmond Briaune Du droit électoral (1874)

Enfin si vous vous attaquez au capital, il vous fuit et, portant sa force chez vos voisins et vos rivaux, il vous affaiblit en raison composée du vide qu'il fait à l'intérieur et de la puissance qu'il augmente à l'extérieur. Lorsque se produisent de telles erreurs, les révolutions et les réactions se succèdent jusqu'à ce que la société succombe par la dépopulation, l'ignorance et la misère. Sans doute la sagesse humaine ne peut coordonner les forces sociales avec une exactitude de rapports qui ne peut être que l'oeuvre de l'intelligence divine, mais c'est à s'en rapprocher qu'il faut tendre.
Source : Gallica

Jean-Edmond Briaune Du droit électoral (1874)

Aujourd'hui, le gouvernement de la société française est abandonné au nombre; et une législation insensée a cru faire acte de justice entre les intérêts sociaux en les appelant pêle-mêle au suffrage universel.
Ses résultats sont assez évidents pour qu'il soit inutile d'en montrer le danger. D'un côté, l'ignorance envieuse et présomptueuse des uns n'a cessé de pousser l'État vers l'anarchie et la ruine de l'industrie, de la propriété et de la richesse publique ; de l'autre, l'ignorance honnête mais timide des autres n'a vu de salut qu'en livrant l'État à la dictature
Source : Gallica

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