Jean Moréas,
Esquisses et Souvenirs
“ Pan ne tarda pas à jeter à ses pieds cette seconde syrinx avec une moue plus dédaigneuse encore. Le dieu marcha alors nonchalamment vers le rameau flexible et prit la troisième syrinx. Il l’anima de son souffle sans se presser. Un son en sortit, qui n’était ni allègre follement ni présomptueux sans raison, mais doux et mélancolique. Et l’automne naquit avec la sérénité de ses eaux, avec sa flore et ses feuillages modérés, avec la philosophie de son beau ciel et l’ironie charmante de ses vendanges. L’homme but le vin goulûment, mais l’automne lui parut fade. ”
