Résumé

Portrait de Jean Moréas Jean Moréas Esquisses et Souvenirs

Pan ne tarda pas à jeter à ses pieds cette seconde syrinx avec une moue plus dédaigneuse encore.
Le dieu marcha alors nonchalamment vers le rameau flexible et prit la troisième syrinx. Il l’anima de son souffle sans se presser. Un son en sortit, qui n’était ni allègre follement ni présomptueux sans raison, mais doux et mélancolique. Et l’automne naquit avec la sérénité de ses eaux, avec sa flore et ses feuillages modérés, avec la philosophie de son beau ciel et l’ironie charmante de ses vendanges. L’homme but le vin goulûment, mais l’automne lui parut fade.
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Et le dieu Pan laissa tomber sa troisième syrinx sur un tapis de feuilles mortes, et sourit.
Puis il dépendit du flexible rameau la quatrième syrinx et souffla dedans avec violence ; l’hiver désola la terre aussitôt : La vaste forêt sans feuilles craque sous le vent, la brume efface l’horizon, la glace arrête les surgeons des fontaines et les fleuves impétueux, enflés sous la tempête, ravagent leurs rives. La faim et la maladie s’abattent sur les êtres vivants ; l’homme voit sa huche vide et son âtre éteint.
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L’Automne de Baudelaire se mêle aux intrigues et aux artifices du cœur. Il ne s’habille pas des classiques feuilles mortes, mais de robes bizarres ; il met du fard et joue avec les chats frileux et sédentaires...
Relisez le Sonnet d’Automne. Le goût y est rehaussé par les plus rares épices de la psychologie et même de la physiologie. Et si ces substances se sont éventées un peu, avec le temps, songez qu’elles commencèrent par être fort piquantes et d’un arôme très irritant.
J’ai beaucoup aimé les Fleurs du Mal, pendant mon adolescence et ma toute première jeunesse.
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