Résumé

Portrait de Léon Bloy Léon Bloy Un brelan d’excommuniés

Demander pardon pour les injures et pour les bienfaits, pour les voluptés et pour les tristesses, pour chacune des palpitations du cœur et chacune des vibrations de la pensée, enfin demander pardon à son Dieu de l’aimer et de prétendre souffrir pour lui, en se considérant comme une ordure qui n’a que de l’ordure à offrir, alors même que ce serait la plus belle poésie du monde. Mais c’est le christianisme des catacombes, cela, c’est l’immolation absolue du cœur dans l’humilité parfaite, et il n’est pas surprenant que le prospère bétail de nos sacristies n’y comprenne rien !
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Portrait de Léon Bloy Léon Bloy Un brelan d’excommuniés

On peut assurer que cette charité qui déteste le mal est bien certainement la grande passion qui domine tout en lui, et, comme le temps où il vit doit lui paraître épouvantablement mauvais, cette passion s’exaspère et se transporte jusqu’aux notes les plus aiguës, les plus stridentes, du paroxysme de l’indignation. Noblement éperdu d’Unité, il s’enlace et s’enroule désespérément à ce tronc mutilé de l’arbre de vie. Si la stupide cognée philosophique veut le frapper encore, c’est sur lui-même que tombent les coups et ce sont ses membres, à lui, qu’il faut abattre pour commencer.
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Barbey d’Aurevilly est un artiste, hélas ! l’un des plus hauts de ce siècle, et son indépendance est à sa mesure. C’est un chevalier qui ne traite ni ne capitule. Lorsque l’Univers reparut, il y a quelque vingt ans, après la levée de l’embargo impérial, Louis Veuillot acculé à sa promesse antérieure de prendre avec lui ce redoutable compagnon, allégua, pour s’y dérober, l’impossibilité de discipliner un pareil confrère, — tirant, comme une couverture, cette lâcheté de son esprit sur une lâcheté plus basse de son pouilleux cœur.
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