Résumé

Portrait de John Ruskin John Ruskin Les Matins à Florence

Peu importe, en somme, qu’une œuvre soit de Simone de Sienne ou de Lippo Memmi, de Cimabue ou de Duccio, si la même flamme de charité et de génie qui brûlait le cœur de l’un vivifiait aussi l’amour de l’autre. Hésiterez-vous un instant entre le critique érudit qui s’est usé les yeux à déchiffrer de vieux textes, concernant des œuvres qu’il ne peut plus voir, et le maître génial qui s’est usé le cœur à chérir le même Dieu qui inspira l’artiste et qui, de cette cime, nous crie sa pensée, à travers le brouillard, comme un guide hélant un voyageur perdu ?
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Portrait de John Ruskin John Ruskin Les Matins à Florence

Mieux que personne, il nous a montré les rapports étroits qui rattachaient l’art à la religion, il nous a fait sentir que tout grand art devait être religieux, que toute noble religion devait être esthétique ; il a unifié le domaine sentimental de l’humanité, il a réuni, en un même ciel, l’étoile de la foi et celle de la beauté, celle qui guide et celle qui réjouit, et il a opposé la nuit sereine du mystère, illuminée de leur double feu, à l’agitation inquiète de notre orgueil intellectuel, à l’éclat brutal du soleil de midi.
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Portrait de John Ruskin John Ruskin Les Matins à Florence

Quelles expériences nous faudra-t-il encore faire pour comprendre que le mal dont nous mourons peut être guéri, sans que la vérité en souffre, et que toutes les conquêtes de la science ne nous ont pas plus éloignés de Dieu que la voile ou l’hélice d’un navire ne l’éloignent du ciel ? La philosophie critique ne nous délivrera-t-elle pas plus promptement du rationalisme utilitaire que les prêches les mieux inspirés, et ne faut-il pas que cette crise d’intellectualisme sévisse jusqu’à ce que la même force qui la suscita neutralise à jamais son influence morale ?
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