Jules Barbey d’Aurevilly

Jules Barbey d’Aurevilly

Résumé

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Du Dandysme et de George Brummell (1845)

Nous posséderions plus grand encore le pouvoir d’assimilation qui nous distingue, que ce don de Dieu ne maîtriserait pas cet autre don, cette autre puissance, ― le pouvoir d’être soi, ― qui constitue la personne même, l’essence d’un peuple. Eh bien ! c’est la force de l’originalité anglaise, s’imprimant sur la vanité humaine, ― cette vanité ancrée jusqu’au cœur des marmitons, — et contre laquelle le mépris de Pascal n’était qu’une aveugle insolence, ― qui produit ce qu’on appelle le Dandysme. Nul moyen de partager cela avec l’Angleterre. C’est profond comme son génie même.
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Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Du Dandysme et de George Brummell (1861)

Aujourd'hui le Puritanisme auquel le Dandysme, avec les flèches de sa légère moquerie, a fait une guerre de Parthe, — en le fuyant plutôt qu'en l'attaquant de front, — le Puritanisme blessé se relève et panse ses blessures. Après Byron, après Brummell, — ces deux railleurs d'un ordre si différent, mais d'une influence peut-être égale, — qui n'aurait pas cru sur le flanc la vieille moralité anglicane? Eh bien, non, elle n'y est pas. Le cant indéfectible, immortel, a vaincu encore. L'aimable Fantaisie n'a qu'à jeter son sang d'essence de roses vers le ciel.
Source : Gallica

Portrait de Jules Barbey d’Aurevilly Jules Barbey d’Aurevilly Du Dandysme et de George Brummell (1845)

Les esprits qui ne voient les choses que par leur plus petit côté, ont imaginé que le Dandysme était surtout l’art de la mise, une heureuse et audacieuse dictature en fait de toilette et d’élégance extérieure. Très certainement c’est cela aussi ; mais c’est bien davantage [2] . Le Dandysme est toute une manière d’être, et l’on n’est pas que par le côté matériellement visible. C’est une manière d’être, entièrement composée de nuances, comme il arrive toujours dans les sociétés très vieilles et très civilisées, où la comédie devient si rare et où la convenance triomphe à peine de l’ennui.
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