François-René de Chateaubriand

François-René de Chateaubriand

Résumé

Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Œuvres complètes de Chateaubriand

Les ennemis n’ont pas l’audace de se jeter sur lui ; ils le laissent languir dans la mort, comme un aigle resté seul sur un rocher quand la foudre a brisé ses ailes. Que ne savions-nous dans Selma ta destinée ! que nous auraient fait alors les chansons des vierges et le son de la harpe des bardes ! La lance de Fingal n’eût pas reposé si tranquillement contre les murs du palais ; nous n’eussions pas été surpris, dans cette nuit funeste, de voir le roi se lever à moitié du banquet, en disant : « J’ai cru que la lance d’une ombre avait touché mon bouclier ; ce n’est qu’une brise passagère. »
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Portrait de François-René de Chateaubriand François-René de Chateaubriand Œuvres complètes de Chateaubriand

Mais, ô pierre du tombeau ! la saison de ta vieillesse arrivera aussi ; tu t’enfonceras toi-même dans le lieu où les guerriers reposent pour jamais. L’étranger demandera où était ta place ; les fils du faible ne la connaîtront point.
Peut-être la chanson aura gardé le souvenir de cette pierre. La chanson se perdra à son tour dans la nuit des temps ; le brouillard des années enveloppera sa lumière. Notre mémoire passera comme l’histoire de Duthona, qui déjà s’éclipse dans l’âme d’Ossian.
Le peuple de Dorla fend la mer en silence ; les sons d’aucune chanson ne roulent devant lui sur les flots
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Les jeunes filles me diraient : « Où est ton Armor ? » Vous pourrez le dire, ô jeunes filles ! mais je ne vous entendrai pas. J’irai vivre dans une terre éloignée ; j’achèverai mes jours avec les vierges de Morven : leur cœur, comme celui de leur roi, s’ouvre aux pleurs des infortunés. »
Nous emmenâmes Crimoïna avec nous dans notre patrie. Nous joignîmes sa main à celle de Dargo, mais la fille étrangère ne souriait plus : elle confiait souvent des soupirs au cours d’une onde ignorée. Crimoïna, tes heures furent rapides : les cordes de ta harpe sont humides quand le barde soupire ton histoire.
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