François-René de Chateaubriand,
Œuvres complètes de Chateaubriand
“ Les ennemis n’ont pas l’audace de se jeter sur lui ; ils le laissent languir dans la mort, comme un aigle resté seul sur un rocher quand la foudre a brisé ses ailes. Que ne savions-nous dans Selma ta destinée ! que nous auraient fait alors les chansons des vierges et le son de la harpe des bardes ! La lance de Fingal n’eût pas reposé si tranquillement contre les murs du palais ; nous n’eussions pas été surpris, dans cette nuit funeste, de voir le roi se lever à moitié du banquet, en disant : « J’ai cru que la lance d’une ombre avait touché mon bouclier ; ce n’est qu’une brise passagère. » ”
