Résumé

Portrait de Jules Verne Jules Verne Les Naufragés du Jonathan

Quelqu’un peut-il prétendre que je lui aie refusé un secours ou un conseil?...
—Il fallait faire plus encore, affirma Harry Rhodes avec énergie. Qu’il le veuille ou non, tout homme supérieur aux autres a charge d’âmes. Il fallait diriger les événements au lieu de les subir, défendre contre lui-même ce peuple désarmé et le guider...
—En lui volant sa liberté! interrompit amèrement le Kaw-djer.
—Pourquoi pas? répliqua Harry Rhodes. Si la persuasion suffit pour les bons, il est des hommes qui ne cèdent qu’à la contrainte: à la loi qui ordonne, à la force qui oblige.
Source : Gutenberg

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Seul, le Kaw-djer s’approcha de la fenêtre et souleva le rideau. Longuement, il regarda au dehors, afin de graver dans sa mémoire ce qu’il ne devait plus revoir. Devant lui, c’était Libéria, et, plus loin, le Bourg-Neuf, et, plus loin encore, les mâts des navires amarrés dans le port. Le soir tombait, arrêtant le travail du jour. D’abord, la route du Bourg-Neuf s’anima, puis les fenêtres des maisons brillèrent dans l’ombre grandissante. Cette ville, cette activité laborieuse, ce calme, cet ordre, ce bonheur, c’était son œuvre.
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Nous mourons, mais nos actes ne meurent pas, car ils se perpétuent dans leurs conséquences infinies. Passants d’un jour, nos pas laissent dans le sable de la route des traces éternelles. Rien n’arrive qui n’ait été déterminé par ce qui l’a précédé, et l’avenir est fait des prolongements inconnus du passé. Quel que fût cet avenir, quand bien même le peuple qu’il avait créé devrait disparaître après une existence éphémère, quand bien même la terre abolie s’en irait dispersée dans l’infini cosmique, l’œuvre du Kaw-djer ne périrait donc pas.
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