Résumé

L. Louis-Lande Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

Malgré tout, par le fait même de sa position géographique, l’Espagne n’a vraiment de relations étendues et suivies qu’avec nous ; ce sont nos mœurs, nos modes, nos pièces, nos romans qu’elle adopte, imite ou traduit : M. Perez Galdós pourrait en dire quelque chose. Seulement les Espagnols subissent cette influence sans vouloir l’accepter, ils s’en font même un grief de plus contre nous ; ils s’indignent d’avoir trop bien copié certains de nos défauts moraux ou politiques, notre légèreté, notre inconséquence, notre amour du désordre et du changement
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L. Louis-Lande Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

Toutefois, si telle donnée fantastique, telle complication invraisemblable s’admet facilement de la part d’un écrivain du XVIIIe siècle racontant en manière d’apologue les mystères et les intrigues de la cour d’Espagne sous Philippe IV, il n’en est plus de même lorsqu’il s’agit d’une époque aussi terrible, aussi voisine de nous que celle de la guerre de l’indépendance. Trafalgar et Bailen, Napoléon et Wellesley, ces grands événemens et ces grands noms ne prêtent guère aux inventions ultra-romanesques : l’histoire refuse de revêtir les oripeaux et le clinquant de la féerie.
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L. Louis-Lande Revue des Deux Mondes T. 14, 1876

Le patriotisme est une belle chose ; encore faut-il ne partir en guerre qu’à bon escient, et n’aller pas, comme don Quichotte, livrer bataille aux moulins à vent. Que les Espagnols veuillent bien s’apaiser ; cette haine qu’ils nous portent, beaucoup de nous l’ignorent, en tout cas nous ne la leur rendons pas ; les circonstances politiques aidant, nous ne demandons pas mieux que de vivre avec eux en parfait accord. D’ailleurs, si Napoléon, autrefois a envahi perfidement leur pays, n’avons-nous pas depuis loyalement travaillé à réparer nos torts ?
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