Résumé

La Mandrinade, ou L'histoire curieuse… (1755)

Mandrin chercha son homme dans tous les coins, & ne le trouva point : il le demanda à cette femme , qui jamais ne voulut le déceler ; elle répondit toujours avec la plus grande fermeté & avec un courage digne d'un homme. Il faut sçavoir que cette femme avoit été prise autrefois avec du faux sel par le Commis qu'elle receloit , ce qui rend son action beaucoup plus remarquable , & fait voir une très-grande générosité .de la part. Cependant la colère de Mandrin augmentoit ; il mit plusieurs fois le pistolet fur la gorge à la Maîtresse du logis, pour lui faire dire où étoit le Commis.
Source : Gallica

La Mandrinade, ou L'histoire curieuse… (1755)

C'étoit un petit brigand, qui ne demandoit qu'à croître pour être un grand scélérat. Monsieur le Curé de Saint Geoirs, qui étoit un grand homme de bien, avertissoit souvent la mère de corriger son fils; mais la mère n'osoit, à cause de la colère horrible dans laquelle il entroit quand on vouloit le punir. La bonne femme avoit scrupule de le faire jurer : d'ailleurs elle se souvenoit de l'Histoire du Pistolet
Source : Gallica

La Mandrinade, ou L'histoire curieuse… (1755)

Elle fut bien surprise de le voir tout couvert de poil, & plus semblable à un bouc qu'à un homme. Elle l'embrassa cependant tout dégoûtant qu'il étoit, car c'étoit la meilleure mère du monde , & la meilleure pâte de femme qu'on ait vue depuis long-temps. Le père ne fut point fâché de voir son fils si laid, il ne fit qu'en rire ; c'étoit le plus mauvais naturel qu'on pût voir.
II s'agit bientôt de le poster à l'Eglise pour le faire baptiser. Mais on étoit fort embarrassé : on craignoit que le Curé
de Saînt Geoirs ne voulût pas le baptiser, parce qu'il n'avoit pas figure humaine.
Source : Gallica

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