Leopold von Sacher-Masoch

Leopold von Sacher-Masoch

Résumé

Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch La Pantoufle de Sapho et autres contes

Je suis vôtre pour toujours.
— Non pas, ma suzeraine, repartit le troubadour, qui se laissa tomber à genoux en un geste d’adoration, tu ne m’aimes pas, tu en aimes un autre ; or, l’amour seul peut exiger de l’amour l’enchantement suprême de la vie.
— Tu te trompes, Peire Vidal, s’écria la louve, l’homme que j’aimais a perdu mon amour au moment même où te voyant sans défense, il s’apprêtait à te tuer sournoisement. Je ne l’aime plus ; c’est toi que j’aime de toute mon âme et avec la passion dont la louve seule est capable. Tu es mien, aucune puissance au monde ne peut t’arracher à moi.
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch La Pantoufle de Sapho et autres contes

Si tu veux t’en retourner à Vienne, je ne te retiens pas.
Elisabeth ! tu me bannis de ta présence ? tu me chasses, moi qui t’ai aimée comme aucun homme encore n’a aimé, moi qui ne puis pas vivre sans toi ? S’écria l’aveugle garçon. Attache-moi à un cerf, comme ce braconnier, et fais-moi traquer à mort, mais ne me renvoie pas. Si je dois mourir, laisse, en mourant, mes yeux se délecter de ta beauté, qui m’enivre et me rend fou.
— Tu voudrais mourir pour moi ? murmura la Comtesse en considérant Emmerich avec une expression étrange, dirais-tu vrai ?
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Que manque-t-il à ton bonheur ? Je t’aime, comme je n’ai jamais aimé encore. N’es-tu pas entourée d’un luxe royal ? Te reste-t-il un désir à remplir ? Tous ceux qui obéissent à Kerim Gireïs ne sont-ils pas tes esclaves ? Ai-je une autre pensée que d’écouter tous tes caprices, comme des commandements de mon Dieu ? Tu es injuste envers moi, Marie.
— Tu m’aimes, Kerim Gireïs, répond-elle doucement, comme un musulman aime une esclave. Dans ma patrie, la femme est libre et, librement, accorde sa faveur à l’homme, qui est comme un esclave à ses pieds.
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