Leopold von Sacher-Masoch,
La Pantoufle de Sapho et autres contes
“ Je suis vôtre pour toujours. — Non pas, ma suzeraine, repartit le troubadour, qui se laissa tomber à genoux en un geste d’adoration, tu ne m’aimes pas, tu en aimes un autre ; or, l’amour seul peut exiger de l’amour l’enchantement suprême de la vie. — Tu te trompes, Peire Vidal, s’écria la louve, l’homme que j’aimais a perdu mon amour au moment même où te voyant sans défense, il s’apprêtait à te tuer sournoisement. Je ne l’aime plus ; c’est toi que j’aime de toute mon âme et avec la passion dont la louve seule est capable. Tu es mien, aucune puissance au monde ne peut t’arracher à moi. ”
