Résumé

Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch La Czarine noire et autres contes sur la flagellation

Pendant que les autres femmes se paraient d’étoiles de Bysance, de fourrures et de perles, tu défaisais tes cheveux d’or et, rejetant tout vêtement, descendais dans l’onde, belle comme Cypris. Ainsi tu m’as vaincu.
— Un jour, tu me dis : « Va, tu es libre », et comme je te regarde avec de grands yeux étonnés : « Ne t’occupe pas de moi », dis-tu. Et tu te prosternas devant moi, toi, le czar ! Mais je te relevai et je t’embrassai. Ainsi je devins tienne.
— Ainsi nous changeâmes de rôles : tu devins souveraine, et moi, esclave.
— Ne raille point.
— Ne t’aimé-je pas plus que mon Dieu ?
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch La Czarine noire et autres contes sur la flagellation

Vous, un espion ? est-ce possible ?
— Je t’ai suivie, parce que je t’aime.
— Pas un mot de cela, commanda le page sur un ton de colère.
— Alors tue-moi, tue-moi tout de suite, supplia le gentilhomme en se jetant à genoux. Je ne puis vivre si tu me hais.
— Je ne te hais point.
— Dis-moi que tu m’aimes, que tu m’aimeras, implora Trafford, toujours à genoux. Donne-moi l’espérance, juste assez d’espoir pour ne pas désespérer. Car je t’aime de toute la folle ardeur d’un cœur qui n’a jamais aimé.
— Tu m’aimes ? Comment cela est-il possible ? balbutia Sparte, profondément troublé.
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Portrait de Leopold von Sacher-Masoch Leopold von Sacher-Masoch La Czarine noire et autres contes sur la flagellation (1907)

N'as-tu pas de coeur, que tu prennes plaisir à me faire souffrir ?
—Tu souffres, Trafford ! et pourquoi ?
—Parce que tu me bannis de ta présence, belle et mystérieuse femme.
— J'agis comme je le dois. Si ma volonté était libre et si je pouvais me donner, c'est toi, Trafford, que je choisirais de préférence à tous les grands de la terre, car tu es l'homme le meilleur que je connaisse. Mais un serment terrible m'enchaîne. Je n'appartiens plus à la vie, je suis vouée à la mort. Je ne puis ni aimer, ni donner le bonheur. La haine et la vengeance sont mon destin.
Source : Gallica

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