Ritter von Leopold Sacher-Masoch

Résumé

Ritter von Leopold Sacher-Masoch Le legs de Caïn

Le vieux serviteur cligna des yeux sous le clair de lune qui le frappait en plein visage, accentuant toutes ses rides, et se mit à rire, à rire discrètement et tout bas, comme il convient à un valet de bonne maison.
—Stéphane, reprit Zénon, est-il possible que des misérables tels que ces gens auxquels nous avons donné refuge, et les mauvais maîtres, comme le leur, soient nombreux en ce monde, ou bien est-ce un cas particulier, une exception?
—Bon Dieu! s'écria Stéphane, quel enfant! Le monde regorge de misère, hélas! Vous n'en savez rien naturellement, n'ayant jamais vu de près la pauvreté.
Source : Gutenberg

Ritter von Leopold Sacher-Masoch Le legs de Caïn

Et il aperçut Zénon au pied de son lit, une faux à la main. Les rouges lueurs de la lampe de nuit vacillaient, semblables à des taches de sang, sur le fer aiguisé. A peine sorti de son sommeil, il crut voir le grand faucheur qui fauche les rois comme de simples épis.
—Les morts sont-ils ressuscités? s'écria-t-il, plein d'épouvante.
—Non, répondit Zénon; mais les vivants réclament leurs droits.
Mordicaï, debout derrière son jeune maître, claquait des dents, à demi fou de peur, car le baron avait saisi les pistolets accrochés à son chevet.
—Pas de bruit, fit Zénon; si tu bouges, tu es mort.
Source : Gutenberg

Ritter von Leopold Sacher-Masoch Le legs de Caïn

La voix de Maryan et toute sa personne tremblaient.
—Est-ce fini? demanda Warwara.
Il fit un signe affirmatif.
—Réfléchis, ajouta-t-il. Un animal peut être doué de compassion, et toi, un être raisonnable, toi une femme, tu n'as point pitié d'un malheureux que tu aimes.
—Je t'en prie..., point de scène, balbutia Warwara, ménage mes nerfs.
Il éclata de rire.
—De quoi peux-tu te plaindre? ajouta la baronne; est-ce que je ne t'entoure pas de soins, est-ce que je ne t'ai pas fait mille sacrifices?
Source : Gutenberg

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature