Résumé

Lettres de l'étranger (1840)

L'indépendance, le premier des biens pour une nation, est sujette, comme toutes les choses de ce monde, aux vicissitudes de la fortune. De nos jours, la Prusse, l'Autriche, la Russie elle-même, ont fait voir, chacune à son tour, que ce bien peut être compromis, sans que rien néanmoins soit encore perdu. Pour cela , il ne suffit pas que l'honneur reste intact, lorsque le courage succombe; il faut de plus que l'esprit de nationalité supplée à ce qui manque à l'amour de la patrie dans nos moeurs modernes, et que la prudence ajourne à des temps plus heureux une résistance devenue inutile.
Source : Gallica

Lettres de l'étranger (1840)

Le traité de Londres qui a fait périr la révolution par vos mains, en la plaçant sous l'égide de l'influence britannique, n'en est pas moins l'acte le plus hostile dont votre imprudence pût blesser la puissance la moins intéressée à agir contre vous. En quoi votre changement de dynastie déplaisait-il si fort au cabinet de Pétersbourg, ou éveillait-il si immédiatement ses craintes? Le traité, au contraire, suffisait seul pour l'indisposer fortement. Puisque vous agissiez au nom de la France, il y avait, de votre part, plus que de l'ingratitude envers lui.
Source : Gallica

Lettres de l'étranger (1840)

Au moindre changement de temps dans l'atmosphère politique, Paris en paraît encombré; soit qu'ils se donnent alors plus de mouvement, soit que, comme une nuée d'oiseaux de proie, ils viennent s'y abattre de la province.
On en voit de tout âge, de tout rang, de toute profession, de toute nuance d'opinion. L'esprit de la secte étant un esprit de personnalité, et chacun se croyant permis de servir le gouvernement à sa guise, les politiques se trouvent propres à tous les rôles, même à celui de l'opposition. Ce genre do service qu'ils rendent à l'État est plus important qu'on ne pense.
Source : Gallica

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