Louis Delluc,
La Guerre est morte: roman
“ Nanni et Sainte ne parlent pas.Sainte baisse un peu le front. Je vois mieux son cou. Il est élégant, mais si fragile qu’on a de la pitié. Nanni l’enveloppe de son regard. Et je crois que le regard de Nanni n’est pas tout à elle. Comme ces lampes dont les rayons dépassent une statue et font son ombre immense sur le sol, les yeux de Nanni sont très haut et très loin, mais Sainte est emportée par l’imagination du visionnaire. Elle fait corps avec sa vision. Il lève un peu la tête, lui, comme s’il avait peur qu’elle tienne trop de place dans son horizon. ”
