Eugène Marsan

Eugène Marsan

Passantes (1923)

Résumé

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan,  Passantes (1923)

“ Dormir, après un baiser de soeur, d'ami, d'enfant, de mère.
Et, en dix ans, je n'ai pas dormi vingt fois, moi qui si bien parle, avec celui que je nommerais mon bien-aimé, si le mot ne prêtait à rire.
Il s'éveille tous les jours sous un autre regard. Il respire un autre air, et on ne sait que l'ennuyer. Nous ne passons pas la vie ensemble, nous nous rencontrons, mais c'est mon orgueil de le laisser plus gai que je ne l'ai reçu, plus fort, meilleur, je ne sais, les yeux plus clairs.
Il ne s'aperçoit pas qu'il me laisse chaque fois plus triste, ni que j'ai souvent honte.
”
Source : Gallica

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan,  Passantes (1923)

“ Je n'oublierai pas non plus ce parfum que j'ai eu de vos cheveux quand le mouvement de la voiture a porté votre front si près de moi. Rien ne m'a jamais plu comme la courbe de votre menton, l'ombre et le dessin de votre chevelure. Et le regard de vos yeux bleus et gris me donne regret de la vie que j'ai eue.
La personne qui vous accompagne, votre parente sûrement, vous ressemble, quoique laide... Une variation sur votre visage, ici ou là quelques millimètres, et, vous pouviez
rester belle, vous ne m'auriez pas bouleversé.
”
Source : Gallica

Portrait de Eugène Marsan Eugène Marsan,  Passantes (1923)

“ Je ne vous verrai jamais les bras de la Madeleine repentie, qui est à Florence, repliés sur sa beauté.
Ni cette Danaé que je disais, ni l'Antiope du Louvre, n'ont tant de hanche que la comparaison doive vous offenser. Songez aussi qu'une variation de la mode peut vous donner le goût d'une beauté plus épanouie et, pardonnez-moi, plus divine.
Alors comme aujourd'hui, la terre n'ayant pas cessé de tourner, vous prendrez le même plaisir à draper le beau bras que voilà, nu comme un bijou, libre, flexible et charmant, « poly, souef, si précieux. »
”
Source : Gallica

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