Édouard Gourdon

Résumé

Édouard Gourdon Physiologie de l'omnibus (1841-1842)

Je cherche une personnification de la société, je la trouve entière, vraie et juste, avec ses anachronismes, ses non-sens, son crétinisme, sa sottise et son amour-propre, dans l'omnibus. L'omnibus est un échantillon d'autant plus fidèle qu'il varie sans cesse. C'est un miroir où toutes les silhouettes, grandes et petites, sombres et bouffonnes, viennent se décalquer, où le ridicule et ses mille nuances se montrent de grandeur naturelle, de pied en cap. Tout le monde passe par l'omnibus ; faire l'histoire de l'omnibus, c'est faire l'histoire de la société.
Source : Gallica

Édouard Gourdon Physiologie de l'omnibus (1841-1842)

Qu'on ne s'y trompe pas, : toutefois, si un bureau d'omnibus est un entrepôt inépuisable de patience, de force d'âme, de cirage et de chocolat, c'est aussi, bien souvent, un réservoir secret de petites passions et de malveillance.
Froissé sans cesse dans son amour-propre (à l'état d'embryon, on dit que le buraliste est un homme comme nous) , le directeur éprouve sans cesse le besoin de se venger de la société, et de verser sur quelqu'un, fut-ce sur un chien son fiel et sa mauvaise humeur.
Source : Gallica

Édouard Gourdon Physiologie de l'omnibus (1841-1842)

Il voit ainsi tous les jours, une dizaine de jolies femmes, plus ou moins; toutes lui ont paru adoralaies, il les a adorées toutes ; et quand l'heure de la retraite est arrivée, un dernier omnibus le dépose à sa porte; il arrive lentement à son troisième étage, savoure le lait de poule que sa chambrière a ordre de lui tenir prêt, se coiffe de son bonnet de coton, et s'endort en soupirant et en songeant à ses amours.
Source : Gallica

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