Maurice Alhoy

Résumé

Maurice Alhoy Physiologie du voyageur (1841)

La diligence est un panier de provisions à quatre roues ; le voyageur n' est là que comme lest : au besoin , si le conducteur osait , il le sacrifierait au hareng ou à la morue . Chaque hameau est une halle au passage de la voiture ; chaque relais est un marché . Le paysan tuerait le maire de son village plutôt que de ne rien tuer pour M. le conducteur . La perdrix , la grive , le becfigue , se sont retirés de la table des provinciaux .
Il y a des cuisinières du littoral qui mourront
mourront avoir , vu dans leur garde-manger un turbot , un saumon ou une truite .
Source : Gallica

Maurice Alhoy Physiologie du voyageur (1841)

Le tangage d' un bateau monté pour la pêche du hareng n' est qu' un doux va - et - vient de hamac comparé aux oscillations brutales de la voiture aux lettres : les ressorts jouent à la paume avec le voyageur ; et quand il y a quatre habitants dans cette caisse , c' est un combat incessant de nez contre nez , un duel meurtrier où le front choque le front , et ne trouve de rempart que derrière la casquette . Il est impossible de nourrir des inimitiés en malle-poste , le roulis fait embrasser les plus mortels ennemis , avant le troisième relais .
Source : Gallica

Maurice Alhoy Physiologie du voyageur (1841)

Quand le sol est trop incliné , la cavalcade se fait à dos d' homme : cette espèce , dressée pour la course à travers monts , a mandat d' effrayer le cavalier par le récit varié des périls que chacun a ou aura à affronter . Chaque pas du sol est illustré d' une catastrophe dans laquelle le guide à figuré : il a vu rouler plus d' avalanches qu' il n' y a de petits pois primeurs dans un litre ; il porte un rosaire dont chaque grain est une dent d' un voyageur qu' il a soustrait aux précipices , et qui , par reconnaissance , a bien voulu permettre qu' on lui arrachât une canine ou une molaire .
Source : Gallica

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