Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ D’un seul bond il sauta sur le timonier, et l’atteignit si furieusement de son poignard, qu’il le manqua, mais il le précipita dans la mer ; ”
Le timonier, figure centrale dans la navigation maritime, incarne celui qui conduit le gouvernail d’un navire. Ce rôle a inspiré des réflexions variées : Honoré de Balzac le présente comme un personnage dramatique, tandis qu’Eugène Poitou le décrit avec précision, soulignant sa posture altière et son dévouement.
William Shakespeare, dans Timon d’Athènes, explore une autre dimension humaine, illustrant la fragilité des liens sociaux. Les textes révèlent ainsi une dualité : le timonier comme symbole de maîtrise technique et de responsabilité éthique, reliant navigation et destin humain.
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ D’un seul bond il sauta sur le timonier, et l’atteignit si furieusement de son poignard, qu’il le manqua, mais il le précipita dans la mer ; ”
Eugène Poitou, Un hiver en Égypte (1860)
“ Il parle avec une volubilité inouïe, et conte des histoires qui n'en finissent pas, mais qui provoquent toujours, dans son auditoire attentif et charmé, des exclamations bruyantes et des éclats de rire prolongés. Ni le reïs ni le timonier ne prennent part à ces joies vulgaires : leur grandeur, et surtout leur devoir les attachent sur la dunette. Notre timonier est un beau jeune homme de vingt à vingt-cinq ans. Drapé dans son burnous, il a souvent, en s'accoudant à la barre de son gouvernail , une fierté d'attitude qu'admirerait un ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ TIMON, à un des convives. — Seigneur, de tout mon cœur, et que les santés fassent la ronde. PREMIER SEIGNEUR. — Qu’on verse de ce côté, mon bon seigneur. APÉMANTUS. — De son côté ! Fort bien voilà un brave. Il sait prendre à propos son moment. — Toutes ces santés, Timon, te rendront malade, toi et ta fortune. Voilà qui est trop faible pour être coupable, l’honnête eau qui n’a jamais jeté personne dans la boue ; cette liqueur et mes aliments se ressemblent, et sont toujours d’accord ; les festins sont trop orgueilleux pour rendre grâces aux dieux. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ FLAVIUS.—Dieux! disais-je, quelle bonté dans le seigneur Timon! Que de biens prodigués des esclaves et des rustres ont engloutis cette nuit! Qui n'appartient à Timon? Qui n'offre pas son coeur, sa vie, son épée, son courage, sa bourse à Timon, «au grand Timon, au noble, au digne, au royal Timon?» Hélas! quand la fortune dont il achète ces louanges sera dissipée, le souffle qui les produit sera éteint; ce qu'on a gagné au festin on le perd dans le jeûne9. Un nuage d'hiver verse ses ondées, et tous les insectes ont disparu. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ ALCIBIADE.—Noble Timon, quel service mon amitié peut-elle te rendre?TIMON.—Aucun, sinon de justifier mes sentiments.ALCIBIADE.—Quels sont-ils?TIMON.—Promets-moi tes services, et ne m'en rends aucun. Si tu ne veux pas promettre, que les dieux te punissent, car tu es un homme; si tu tiens ta promesse, le ciel te confonde, car tu es un homme! ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur
(1887)
“ FLAVIUS. Son séjour, le voici. Timon ! que le bonheur et la paix soit ici. (i) Time, with his fairer hand. Viens, Timon, des amis ! ta voix leur sera chère, Deux sénateurs, de ceux que la ville révère, Viennent te saluer; parle-leur, ô Timon. (Timon sort de sa caverne.) TIMON. 0 soleil ! sois le feu, non plus le doux rayon, — (Au sénateur qui est devant lui.) Toi, parle, et sois pendu ! Que chaque mot sincère Au fond de ta poitrine ouvre un saignant ulcère ; Que chaque mot trompeur creuse un rouge sillon Sur ta langue brûlée à fond. ”
Pierre-Chaumont Liadières,
Souvenirs historiques et parlementaires…
(1855)
“ Est-il orateur? Il voudrait bien qu'on le crût. A l'entendre, s'il ne monte pas à la tribune, c'est pour n'avoir pas à subir les murmures serviles de quelques flatteurs; mais, dans les réunions les plus intimes, où le servilisme ne murmure pas, Timon n'a jamais pris la parole, ou, s'il l'a essayé, c'est pour balbutier quelques phrases à peine intelligibles. Est-il administrateur? « Oui; c'est dans l'administration qu'il brille! » s'écrie la coterie des niais, qui prend pour articles de foi tout ce que certains journaux lui débitent. « Lisez ses livres, méditez ses études. » ”
Lucien de Samosate,
Timon ou le Misanthrope
“ Tribu, phratrie, nationalité, patrie même, mots froids et vides de sens, qui ne sont bons que pour les sots ! Que Timon soit seul riche, qu’il dédaigne tous les autres, qu’il jouisse seul de son bien, loin des flatteurs et des flagorneurs ; qu’il sacrifie aux dieux, qu’il fasse pour lui seul de splendides festins, qu’il n’ait d’autre voisin, d’autre proche que lui-même ; qu’il éloigne de lui le reste des hommes ”
Lucien de Samosate,
Timon ou le Misanthrope
“ Pour moi, qui suis depuis longtemps seul ami intime de Timon, son compagnon d’enfance, et de la même tribu que lui, je vais agir avec discrétion, pour ne pas avoir l’air de le prendre d’assaut. Salut, cher maître ! Défiez-vous de ces vils flatteurs qui s’abattent sur notre table et qui ne sont que des corbeaux : on ne peut se fier à personne aujourd’hui ; le monde n’est peuplé que d’ingrats et de méchants. ”
Louis Lemercier de Neuville,
Les Courtisanes célèbres, par L. Lemercier de Neuville…
(1864)
“ Je ne demande que Timarque ! Timarque n'a - t - il pas tout quitté pour moi ? Le lycée , la société de ses amis , des compagnons de sa jeunesse ? Son amour ne lui a - t - il pas fait supporter de vivre avec Épicure , de le flatter , d' exalter ses maximes pleines de vent ? Oh ! j' en jure par les dieux et par les maux qu' il me cause , l' idée de me séparer de Timarque est affreuse , insupportable . A ce seul penser je me trouble , ma tête s' égare , mon cœur se brise . Bonne Lamia , je vous demande un asile pour quelques jours . ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur
(1887)
“ Entrent Alcibiade, avec tambour et fifre et en équipage guerrier, Phrynia, Timandra. ALCIBIADE, à Timon. Qui donc es-tu ? réponds. TIMON. Une bête est mon nom Et le tien. Que ton cœur soit mordu par l'ulcère, Pour avoir ramené l'homme sous ma paupière. ALCIBIADE. Comment t'appelles-tu ? L'homme est-il odieux A tel point à celui qui vient homme à tes yeux ? TIMON. Je suis le Misanthrope et poursuis de ma haine Jusqu'au dernier sujet de votre espèce humaine. Je voudrais pour ma part que tu fusses un chien Pour t'aimer quelque peu. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Oui, Timon, et pour cause. timon. — Que les dieux les exterminent tous dans ton triomphe, et toi — ensuite, quand tu auras triomphé ! alcibiade. — Moi ! pourquoi, Timon ? timon. Parce que — tu étais né pour triompher de ma patrie par une tuerie de scélérats. — Garde ton or... En avant... ! Voici de l’or... En avant ! — Sois comme un fléau planétaire, alors que Jupiter — suspend ses poisons dans l’air vicié — au-dessus d’une ville corrompue. Que ton glaive n’oublie personne ! — Sois sans pitié pour la barbe blanche du vieillard honoré : — c’est un usurier ! ”
Diogène Laërce,
Les Vies des plus illustres philosophes de l’antiquité
“ TIMON. Apollonide de Nicée, dont nous avons fait l’éloge dans nos Œuvres poétiques, assure, livre premier de ses Poésies satiriques dédiées à Tibère César, que Timon était fils de Timarque et originaire de Phliasie; qu’ayant perdu son père dans sa jeunesse, il s’appliqua à la danse; qu’ensuite il changea de sentiment, et s’en alla à Mégare auprès de Stilpon; qu’après avoir passé bien du temps avec lui, il retourna dans sa patrie et s’y maria; que de là il se rendit, conjointement avec sa femme, à Élis, chez Pyrrhon; qu’il s’arrêta dans cet endroit jusqu’à ce qu’il eût des enfants ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ Entrent FLAVIUS, DEUX SÉNATEURS.FLAVIUS.—C'est en vain que vous cherchez à parler à Timon. Il s'est tellement concentré en lui-même, que de tous ceux qui ont la figure humaine il est le seul qui soit en bon rapport avec lui-même. ”
Paul Timon, Un détournement de mineure (1877)
“ Tout ce monde avait les yeux cernés et le teint hâve, l'air sombre et profondément égoïste : le jeu avait tué dans leur cœur tout ce que Dieu y jeta de noble et de grand. Jean s'écarta pour fuir non la tentation, mais le contact de cette foule interlope; plus loin, il vit la roulette, cette machine de perdition. La salle de lecture s'ouvrait sur un des salons de jeu. Il y entra et aperçut M. Gérald lisant le Figaro. Cet homme pouvait lire ! Quand il leva les yeux, il vit le jeune homme qui le fixait impassiblement. — Je suis à la Redoute uniquement pour vous y rencontrer, dit M. de Gimone ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ LE POÈTE.—Monsieur, j'ai feint que la Fortune était assise sur son trône, au sommet d'une haute et riante colline. La base du mont est couverte par étages de talents de tout genre, d'hommes de toute espèce, qui travaillent sur la surface de ce globe, pour améliorer leur condition. Au milieu de cette foule dont les yeux sont attachés sur la souveraine, je représente un personnage sous les traits de Timon, à qui la déesse, de sa main d'ivoire, fait signe d'avancer, et par sa faveur actuelle change actuellement tous ses rivaux en serviteurs et en esclaves. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ PREMIER ÉTRANGER.—Eh bien! voilà le coeur du monde: tous les flatteurs sont faits de la même étoffe. Qui peut après cela donner le nom d'ami à celui qui met la main dans le même plat? Il est à ma connaissance que Timon a servi de père à ce seigneur; qu'il lui a conservé son crédit de sa bourse, qu'il a soutenu sa fortune même; c'est de l'argent de Timon qu'il a payé les gages de ses domestiques; Lucius ne boit jamais que ses lèvres ne touchent l'argent de Timon, et cependant....—Oh! vois quel monstre est l'homme, quand il se montre sous les traits d'un ingrat! ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes : traduit de William Shakspeare et précédé d'une étude par le traducteur
(1887)
“ Moi, je crois à Timon parlant en ennemi ; Je renonce au métier. PREMIER VOLEUR. Attends la paix, ami ; Qu'Athènes soit en paix. DEUXIÈME VOLEUR. Nul temps n'est misérable A ce point que ne puisse un homme être honorable. FIN DU QUATRIÈME ACTE. ACTE CINQUIÈME SCÈNE PREMIÈRE Les Bois. La Caverne de Timon. Entre Flavius. FLAVIUS. Oh dieux ! quoi ! c'est donc là cet homme ruiné, Abattu sous les pieds et des siens dédaigné, Mon maître, mon seigneur ! Grand et cher témoignage Des plus nobles bienfaits, et d'une main peu sage. ”
Lucien de Samosate,
Timon ou le Misanthrope
“ Je ne viens point vers vous, Timon, comme la plupart de ces gens qui, épris d’amour pour vos richesses, espérant partager votre argent, votre or, vos festins splendides, s’empressent de venir étaler leur flatterie autour d’un homme simple, comme vous, et toujours prêt à partager ce qu’il possède. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Si tu tiens ta promesse, qu’ils te confondent — d’être un homme ! alcibiade. — J’ai ouï parler vaguement de tes malheurs. timon. — Tu les vis quand j’étais dans la prospérité. alcibiade. — Je les vois maintenant ; alors tu étais fortuné. timon. — Comme tu l’es maintenant, dans l’étreinte de deux gourgandines. timandra. — Est-ce là ce mignon d’Athènes que le monde — prônait si respectueusement ? timon. Es-tu Timandra ? timandra. Oui. timon. — Sois toujours une putain ! Ceux qui usent de toi ne t’aiment pas. — Donne-leur des maladies en échange de la souillure qu’ils te laissent. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ Frappez tous les hommes du même fléau. Que votre activité corrompe et dessèche les sources de toute vigueur. Voilà encore de l'or; allez, damnez les autres, et que cet or vous damne à votre tour, et que les fossés vous servent à tous de tombeau!TIMANDRA ET PHRYNIA.—Encore des avis et encore de l'argent, généreux Timon.TIMON.—Encore plus de prostituées et plus de maux d'abord. Commencez votre tâche; je vous ai donné des arrhes.ALCIBIADE.—Tambours! battez. Marchons vers Athènes.—Adieu, Timon; si je prospère, je reviendrai te revoir. ”
Paul Timon, Un détournement de mineure (1877)
“ Jean de Gimone se fit annoncer. Mme de Péra alla au-devant de lui ; entre-bâillant la porte de la chambre où reposait Marie. — Voyez-la, dit-elle au jeune homme. Jean eut un éblouissement. — J'ai juré de la respecter, Madame. Je tiendrai mon serment. — Je vous aiderai à le tenir, répondit la baronne, car je me fais, à partir de ce soir, son défenseur envers et contre tous. — Vous serez notre bon ange à tous les deux. Quoi qu'en disent les sceptiques du jour, il est encore d'honnêtes gens. ”
Jules Girardin, Les remords du docteur Ernster… (1905)
“ Timéas l'avait connu par un ami commun. Le jeune avocat lui avait plu et il avait plu au jeune avocat. Du reste, il aimait la société des jeunes gens, qu'il traitait avec une bonté véritablement paternelle. Au moment où il avait demandé à Timéas quel bon vent l'amenait, il avait posé la paume de sa main gauche sur son menton, et, par un geste caressant qui lui était habituel, il avait promené sa main jusqu'à l'extrémité de sa longue barbe blanche, dont il tenait encore l'extrémité entre ses doigts, comme s'il ne pouvait prendre sur lui de s'en dessaisir. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ Cet homme, seigneur Timon, votre créature, hante de nuit ma maison. Je suis un homme qui, depuis ma jeunesse, me suis adonné au négoce ; et mon état mérite un plus riche héritier qu’un homme qui découpe à table. ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ Ces mots, Timon, expriment bien tes derniers sentiments. Si tu avais en horreur les regrets des humains, le flux qui coule de notre cerveau, et ces gouttes d'eau que la nature avare laisse tomber de nos yeux, une sublime idée t'inspira de faire pleurer à jamais le grand Neptune sur ton humble tombe, pour des fautes pardonnées: le noble Timon est mort; nous nous occuperons plus tard de sa mémoire.—Conduisez-moi dans votre ville, j'y vais porter l'olive avec l'épée. La guerre enfantera la paix: la paix contiendra la guerre ”
William Shakespeare,
Timon d'Athènes
“ TIMON.—Je ne te connais donc point. Je n'eus jamais un honnête homme auprès de moi; je n'avais que des fripons qui servaient à manger à des coquins.FLAVIUS.—Les dieux me sont témoins que jamais pauvre intendant ne versa sur l'infortune de son maître de larmes plus sincères, que n'en ont versé mes yeux sur la vôtre.TIMON.—Quoi! tu pleures! Approche; maintenant je t'aime, parce que tu es une femme, et que tu désavoues le coeur de pierre des hommes, qui ne pleurent jamais que de débauche ou de folle joie!—La pitié dort: étrange siècle que celui où on pleure de rire, non en pleurant! ”
Étienne de Jouy,
L'Hermite de la Guiane ou observations sur les moeurs et les usages français au commencement du XIXe siècle…
(1816-1818)
“ Timon a les défauts de ses qualités : il ne compose pas d'assez bonne grâce avec les préjugés de son siècle et les devoirs de sa position; il ne convient pas que l'or pur de la vérité ait besoin d'un peu d'alliage pour être mis en œuvre. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ La transition subite de la magnificence à la vie sauvage est bien encore dans le caractère de Timon, et c’est un contraste admirable que sa misanthropie et celle d’Apémantus. Celui-ci a tout le cynisme de Diogène, et son égoïsme et son orgueil, qui percent à travers ses haillons, trahissent le secret de ses sarcasmes et de ses mépris pour les hommes. Une basse envie le dévore ; l’indignation seule s’est emparée de l’âme de Timon ; ses véhémentes invectives sont justifiées par le sentiment profond des outrages qu’il a reçus ”
Tommaso Piroli, Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres
“ FIG. IV. À la corne d'abondance, au timon que porte la figure exprimée sur cette lampe, on reconnaît la Fortune. Le timon, en donnant l'idée du gouvernement des affaires humaines, semble encore être l'emblème de l'instabilité: c'est dans ce sens qu'Artémidore a dit que celui qui rêvait de la Fortune avec le timon, devait demeurer en crainte: la Fortune a été quelquefois confondue avec la déesse Némésis, c'est-à-dire, la vengeance Dieux ou la justice. ”
Antoine Saas, Le Doigt de Dieu. Souvenir de quelques-unes des campagnes et expéditions aventureuses de feu François-Antoine Saas… (1859)
“ Quant au physique, le père Timothéus était un bon gros réjoui de quarante ans, trapu, vigoureux, et de la physionomie la plus débonnaire qu'il soit possible d'imaginer. Son teint fleuri, l'éternel sourire qui semblait stéréotypé sur ses lèvres, son regard clair et rempli d'aménité, indiquaient à la fois la bonne santé, la joviale humeur et une conscience à l'abri de tout reproche. Aussi, et sauf les chagrins que lui occasionnait ce coquin de Raphaël, papa Timothéus s'estimait le plus fortuné des mortels. ”
Paul Timon, Un détournement de mineure (1877)
“ Jean de Gimone avait beau vouloir placer une interruption, M. Gérald se méfiait avec raison de la puissance que donne la contradiction aux esprits honnêtes. S'il laissait le jeune homme s'expliquer, réfuter des arguments superficiels, en bonne règle il devait s'avouer vaincu par une saine logique; c'est pourquoi, presque sans reprendre haleine, il continua: « J'ai travaillé, trente ans Monsieur, et je » suis arrivé à peine. Il est vrai qu'une grande » situation enviée de tous est la récompense » de mes travaux titanesques. ”
Paul Timon, Un détournement de mineure (1877)
“ Mlle Gérald se présenta devant la Cour. Elle fut émue de l'attention qui s'attachait à sa personne ; pour cacher à tous les yeux la rougeur de son visage, elle rabattit son voile épais. Rideau inutile, car la beauté éclate d'ellemême. Chacun se convainquit que la jeune fille était irrésistible; on comprit la passion de Jean de Gimone pour elle. Sur l'invitation du Président, elle releva son voile et déganta sa main droite pour prêter serment. ”
