Paul Timon

Élements biographiques

Paul Timon,  Un détournement de mineure (1877)

“ Mon bonheur est perdu ! dit Jean, les larmes aux yeux. Ma vie est brisée parce que je n'ai plus rien qui m'attache à ce monde, ni mon blason, ni l'illustration. Si je chérissais hier encore tout cela, c'était pour elle. Aujourd'hui, elle ne saurait avoir plus d'amour, et je l'en excuse parce que mes remords sont horribles. Quand on est acculé au néant comme je
le suis, pourquoi consentir à vivre. Je me battrai !.
Parlant ainsi, Jean de Gimone avait pris une attitude si décidée que les deux amis lui tendirent leurs loyales mains en signe d'acquiescement.
”
Source : Gallica

Paul Timon,  Un détournement de mineure (1877)

“ A table, Mme de Péra remplissait gravement ses devoirs de maîtresse de maison ; à sa droite s'asseyait Jean, et à sa gauche était Marie.
Elle présidait à cet amour muet. Sa présence suffisait à sauvegarder l'honneur des deux jeunes gens. Son esprit sémillant entretenait la conversation qui aurait certainement langui beaucoup si elle n'eût été là. Comment voulez-vous que deux amoureux aient de l'esprit ou de l'éloquence ? Leur rhétorique à eux est toute dans les yeux qui plongent dans les yeux, les battements de leur cœur, les soupirs, les larmes, les caresses.
”
Source : Gallica

Paul Timon,  Un détournement de mineure (1877)

“ Nature rebelle à toute composition, il n'était, et ne pouvait être, par principe ou calcul, qu'une force d'inertie — la plus terrible des forces.
Il entra dans le salon, le regard fixe, le visage de glace ; pas un muscle de sa physionomie qui décelât la moindre bienveillance, tout au contraire, sa personne entière avait un mauvais air de magistrat qui accuse.
M. de Gimone était décidé à ne point se laisser émouvoir; cette contenance scénique ne le toucha point. Sur l'invitation de M. Gérald, il s'assit, tandis que son interlocuteur se plaçait en face de lui.
”
Source : Gallica

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