Résumé

Portrait de Octave Mirbeau Octave Mirbeau Les Mémoires de mon ami

À Paris, on ne peut se payer le luxe d’être pauvre, qu’à la condition d’être riche ! Le Dépôt, c’était véritablement, pour moi, la fissure de lumière par où je plongeais jusqu’au fond du gouffre de misère.
Près de moi, il y avait un homme qui n’avait pas bougé, non plus, de toute la nuit. Il se tenait assis, sur le plancher, le dos appuyé au mur, la tête dans ses mains, et il paraissait dormir. Je ne fis pas d’abord attention, étant trop occupé de moi-même, et du camelot, et des figures sinistres qui allaient et venaient ainsi que des bêtes fauves dans des cages.
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Ce qui, dans ce grouillement humain, apparaît plus que le vice et le crime, c’est la pauvreté, la détresse infinie où la société peut précipiter des êtres vivants et qui ont, si déformés qu’ils soient, un cerveau et un cœur, de la pensée et de l’amour ! Ces deux choses mystérieuses et qui font la créature humaine, il n’est pas un regard où je ne les aie reconnues, même aux yeux des plus brutes et des plus déchus !
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Dans la passion, on ne se connaît plus. Mais une vieille comme celle-ci ! Vous êtes donc fou ?
— Mais je ne l’ai pas tuée, monsieur le commissaire, criai-je de toutes mes forces. Ce n’est pas moi qui l’ai tuée !
— Alors, qu’est-ce que vous me chantez depuis une demi-heure ? Qui est-ce qui l’a tuée ?...
— Je ne sais pas !
Le commissaire se leva, me prit par les épaules, me regarda fixement :
— C’est le camelot, hein ! Allons, dites-le !
— Mais non... je ne sais pas... je n’ai rien vu. Et c’est pour cela, monsieur le commissaire, que je voulais en avoir le cœur net !
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