Arnould Galopin 

Résumé

Arnould Galopin  Le Bacille

L’animal n’est-il point organisé de la même manière que l’homme ? N’a-t-il pas les mêmes sens, le même système nerveux ? Ne donne-t-il pas les mêmes signes des impressions reçues ? Pourquoi le cri de l’animal n’exprimerait-il pas la douleur aussi bien que le cri de l’enfant ? Lorsque l’homme n’est point perverti par l’habitude, par la cruauté, il ne peut voir les souffrances des bêtes sans souffrir également, preuve manifeste qu’il y a quelque chose de commun entre elles et nous, car la sympathie est toujours en raison de la similitude.
Procas avait honte de ce qu’il avait fait autrefois.
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Arnould Galopin  Le Bacille

C’était un pauvre chien très doux, très craintif, et si parfois il avait montré les dents, c’était plutôt pour se défendre que pour attaquer. Bien souvent les gamins l’avaient taquiné, harcelé, et jamais il n’en avait mordu aucun. Il semblait, comme son maître, résigné à souffrir. Il ne demandait qu’un peu de pitié, voilà tout. Et ils l’avaient tué, sans motif, ou plutôt si... parce qu’il était son chien à lui, Procas, le chien du maudit. Pourquoi ne s’étaient-ils pas attaqués à l’homme au lieu d’assommer une bête inoffensive ?
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Arnould Galopin  Le Bacille

Cependant, les crises devinrent plus rares, son cœur se remit à fonctionner d’une façon presque normale, et il put enfin goûter un peu de repos.
Comme un malade qui entre en convalescence, il reprit goût à la vie et se remit à ses travaux interrompus. Bientôt, courbé sur son établi, son chien à ses pieds, il ensemençait ses cultures. La science le tenait encore une fois. On eût pu frapper à sa porte, s’introduire dans sa maison, qu’il n’eût rien entendu, mais parfois il retombait dans son apathie habituelle et demeurait des journées étendu sur son divan, l’esprit perdu en une rêverie vague.
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