“ Il arrive qu’une vengeance porte parfois à faux et qu’elle atteigne des innocents. C’est ce qui était arrivé. Procas avait voulu se venger de ceux qui l’avaient rendu si malheureux, et la fatalité qui l’avait toujours poursuivi semblait s’attacher à lui. ”
Procas
Définition et enjeux
Citations sur “Procas”
“ Sans doute avait-on compris combien il était cruel de persécuter un pauvre être inoffensif. La foule a de ces revirements et se sent parfois prise de pitié pour ses victimes. Procas fut d’abord surpris ; il demeura un moment hébété, comme un homme qui, après avoir longtemps vécu dans les ténèbres, revoit soudain la lumière. ”
“ La mort surprendrait les hommes, les femmes et les enfants... Les enfants !... À cette pensée, Procas eut un serrement de cœur. Pour se venger, il tuerait des innocents, de pauvres petits êtres qui ne savaient pas, qui ne comprenaient rien encore aux souffrances humaines. ”
“ Et Procas montra la porte de son laboratoire où ronflait l’autoclave... — Vous voyez, dit-il. Je me livre à des recherches. Je m’occupe de bactériologie... Ne pouvant plus fréquenter le monde, à cause de ma maladie... je tâche d’oublier... en travaillant. — Vous avez autrefois professé à la Sorbonne ? — Oui... — Vous ne recevez jamais de visites ? — Je ne vois que le docteur Viardot, mon maître... J’étais découragé, et je songeais à m’évader de l’existence... Il m’a remonté, m’a redonné de l’énergie, et, vous le voyez, j’ai repris mes travaux. ”
“ C’est sûrement une émotion qui a amené cette crise... une émotion des plus violentes... Et le professeur Viardot, qui était sans doute au courant de certains détails de la vie de Procas, hocha lentement la tête en regardant le malade d’un air attristé... Puis, comme il s’apprêtait à partir, le jeune médecin demanda : — Que dois-je faire, maître ? — Rien... Attendre qu’il reprenne connaissance... Alors, de ma part, vous lui recommanderez le repos, la tranquillité absolue du corps et de l’esprit... Allons ! au revoir... je repasserai tantôt. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ”
“ L’homme à bonnes fortunes peut rire des femmes qui ont occupé sa vie, mais Procas, lui, n’avait aimé qu’une fois, et tout son être vibrait encore, quand il se remémorait les heures trop brèves qu’il avait vécues avec Meg. C’était un sentimental plutôt qu’un sensuel et l’on sait combien sont malheureux ceux qui aiment surtout par le cœur... ”
“ On ne disparaît pas ainsi, que diable ! quand on peut faire de grandes choses, quand on se sent encore au cœur cette étincelle sacrée qui peut bouleverser les mondes en hâtant la marche du progrès... Tant que l’on a ici-bas une tâche à remplir, on ne déserte pas son poste... ce serait une lâcheté !... Écoutez-moi bien, Procas, vous savez que je vous aime comme mon fils, que j’ai été à un moment le seul à vous soutenir contre certains confrères qui critiquaient votre méthode... ”
“ Toutefois il se glissait autre chose que du snobisme dans l’admiration que ces femmes professaient à l’égard de Procas. Il n’était pas, comme l’auteur de Zarathustra, une lointaine figure, « brûlée au feu de sa propre pensée », un passionné d’éthique individualiste, un surhomme cultivant intensément l’énergie vitale et s’efforçant de fonder une morale de volonté. ”
Christophe Cornil, Le Petit livre de sainte Procule… (1851)
“ Nous avons cru faire une chose utile à la foi de nos frères, en joignant, à la vie de sainte Procule, une néuvaine de méditations et de prières. Celle neuvaine sera comme un cantique de gloire, répété en l'honneur de notre patronne, et comme un cri prolongé de détresse, au milien des maux qui nous assiègent. Puisse ce petit livre, fruit de notre amour filial envers sainte Procule, n'être pas trop indigne de vous être offert, ô Jésus, Marie, Joseph! puisse-t-il, parmi nous, ranimer la foi des uns, et exciter la piété des autres. ”
“ LE DUC.L’Europe ! PROKESCH, voulant le calmer.Chut ! LE DUC.Et quand je relève un front éclabousséDe gloire par mon livre, et lorsque du passéJe ressors ébloui, quand je ferme Plutarque,Quand je saute, ô César, en pleurant, de ta barque,Quand je quitte mon père, Alexandre, Annibal... UN LAQUAIS, paraissant à une porte de gauche.Quel habit Monseigneur mettra-t-il pour le bal ? LE DUC, à Prokesch.Voilà ! (Au laquais, violemment.) Je ne sors pas ! (Le laquais disparaît.) PROKESCH, qui feuillette des livres, sur la table.On vous laisse tout lire ?... LE DUC.Tout !... ”
“ Mais Probus le poursuivit jusqu’aux terres les plus reculées, et tandis que le fugitif offrait aux Franks, dont il tirait, disait-il, son origine, son bras pour les défendre, ceux-ci, pour qui la foi du serment n’est qu’un jeu, le trahirent : de là sa défaite et son supplice. Il existe encore chez les Albingaunes des descendants de Proculus ; ils disent, en riant, qu’ils ne désirent être ni princes ni brigands. Voilà tout ce que j’ai recueilli sur Proculus qui soit digne d’être rapporté. Passons à Bonose, dont j’ai moins à dire encore. ”
“ SCÈNE IV LE DUC, PROKESCH.PROKESCH, à mi-voix, regardant autour de lui avec méfiance.Chut ! on peut écouter ! LE DUC, tranquillement, à voix haute.On écoute.Mais on ne redit rien, jamais. PROKESCH.Quoi ? LE DUC.Dans le doute,J’ai proféré, pour voir, des mots séditieux :On n’a rien répété jamais. PROKESCH.C’est curieux ! LE DUC.Je crois que l’écouteur que la police payeLui vole son argent et qu’il est dur d’oreille. PROKESCH, vivement.Et la Comtesse ? — Rien de nouveau ? LE DUC.Rien ! PROKESCH.Oh ! ”
“ Que de ce front, mon Dieu, la couronne s’écarte,Si sa pâleur n’est pas celle d’un Bonaparte ! PROKESCH, ému.Prince... LE DUC.Répondez-moi ! Dois-je me dédaigner ?Parlez-moi franchement : que suis-je ? — Pour régner,Ai-je le front trop lourd et les poignets trop minces ? —Que pensez-vous de moi ? PROKESCH, gravement, lui prenant les deux mains.Prince, si tous les princesConnaissaient ces tourments, ces doutes, ces effrois,Il n’y aurait jamais que d’admirables rois. LE DUC, avec un cri de joie, l’embrassant.Merci, Prokesch !— Ah ! ce seul mot me réconforte ! ”
“ N’as-tu rien entendu, reprit le cordelier, qui te cause quelque doute, et dont tu veuilles t’éclaircir ? — Non, mon révérend père ; je crois tout fermement, et n’ai de doutes sur rien ; mais puisque vous me permettez de parler, je vous dirai que j’ai entendu une chose qui me fait de la peine, et pour vous et pour vos confrères, quand je songe au sort que vous éprouverez dans l’autre vie. — Quelle est donc cette chose ? dit le Père inquisiteur. — C’est ce mot de l’Évangile, répond le pénitent, où il est dit : Vous recevrez cent pour un. — Il n’est rien de si vrai, reprit le père ”
Octave Aubry, L'Aiglon prisonnier (1935)
“ Prokesch l'espérait aussi. Officier, diplomate, voyageur, ayant vu beaucoup d'hommes et d'événements et de pays, à l'écart par sa naissance des préjugés de classe, il gardait un esprit souple, et ne craignait pas de s'embarquer pour une haute aventure. Il s'était fait du prince une opinion plus complète que ceux qui depuis des années dirigeaient sa vie. ”
Paul Broca,
Correspondance 1841-1847. Tome 1
(1886)
“ Adieu, chers parents, je vous embrasse de tout cœur. Donnez-moi des nouvelles des Royannais et des Rochelais. Votre PAUL. Fragment sans date. Vous qui assistez de loin à toutes ces luttes, vous perdrez peut-être vos illusions en voyant le dessous des cartes; mais ainsi va le monde : l'intrigue et la ruse font plus que force et que rage. Il y a deux genres d'épreuves dans le concours, la science et les bottes. Dieu merci, le hasard m'a donné M. Blandin pour juge, et j'ai pu me dispenser d'user mes semelles ”
Auguste-Prosper-François Guerrier de Dumast, Le tombeau des deux amants de Clermont… (1836)
“ Rêvant les biens qu'imagine et qu'espère L'homme animé par un désir brûlant, Il s'en alla , fort de l'aveu d'un père , A Proculus demander en tremblant L'insigne honneur d'entrer dans sa famille ; Et Proculus, de sa rougeur charmé, Se souvenant d'avoir jadis aimé, Sourit, s'émut, et lui promit sa fille. ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ Un nom proscrit que mord en sifflant la couleuvre ; Au malheur, dont le flanc saigne et dont l’œil sourit, À la proscription, et non pas au proscrit, — Car le proscrit n’est rien que de l’ombre, moins noire Que l’autre ombre qu’on nomme éclat, bonheur, victoire ”
Octave Aubry, L'Aiglon prisonnier (1935)
“ Tranquillisez-vous, monseigneur, répondit Prokesch. Ne paraissez-vous pas tous les jours en public ? Ceux-là même qui sont le moins au courant des faits peuvent-ils vous voir et ajouter foi à de pareilles fables, inventées par des charlatans ? Il ajouta qu'en Suisse, en Allemagne, il n'avait entendu prononcer son nom qu'avec sympathie. Le fameux historien Rotteck, à Fribourg, lui avait déclaré que le fils de Napoléon était « le seul gage de stabilité pour la France et de paix pour l'Europe. » Reichstadt écoutait Prokesch avec plaisir. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ PROSCRIPTIONS. Le premier à Rome, Sylla dressa des Tables de proscription, c.-à-d. des listes de proscrits, qui étaient affichées au coin des rues et dans les places publiques. Les triumvirs Octave, Antoine et Lépide imitèrent cet exemple. Les dénonciateurs, les meurtriers d'un proscrit, recevaient en récompense une partie des biens de la victime, de sorte que l'avidité, plus encore que la vengeance, prolongeait le cours de ses assassinats. PROSERPINE, Perséphone en grec, femme de Pluton et déesse des enfers, était fille de Jupiter et de Cérès. ”
Hector Fleischmann, Le Roi de Rome et les femmes
“ Rêve et vision, qu’importe, de là naît la légende, et d’autant plus forte que plus chère.V L’attraction s’exerce sur les hommes, et, à cet égard, une phrase de Prokesch est curieuse à retenir. C’est lors de sa première rencontre avec le duc. « J’eus, confesse-t-il, un pressentiment pareil à celui dont est saisi l’adolescent à qui il arrive de rencontrer pour la première fois la jeune fille à qui il donnera son cœur [49] . » Et pourtant Prokesch est un homme, Prokesch est un soldat. ”
Henry-Joseph Crelier, L'ours devenu pasteur ou La persécution bernoise dans l'ancien évêché de Bâle… (1874)
“ A en croire donc le Progrès, à juger de moi d'après les traits sous lesquels il me dépeint, je suis un véritable scélérat, et en même temps un vieux calotin en démence, un homme dont le cerveau, à ce qu'un médecin lui a assuré et d'une manière très-positive, est malade, bien malade, en un mot, un fou; car l'incompatibilité que le bon sens vulgaire établit entre les attributs de scélérat et de fou est nulle pour le cerveau très-sain du Progrès. ”
Han Ryner,
Les Chrétiens et les Philosophes
“ En faisant tomber Porcus et en le piétinant un peu, tu as entretenu l’excitation nécessaire de ton âme ; tu t’es grisé du vin d’une première révolte. Il est bon d’être ivre de falerne, de colère ou de mépris de l’ennemi, quand on va monter à l’assaut. félicion Revenu auprès de mes compagnons, je leur ai raconté les derniers événements. J’ai dit aux quelques-uns qui hésitaient : « Consentirez-vous à rester toujours les esclaves de ce lâche ? douleur ! être esclave. Mais être esclave de Porcus, ô honte ! » ”
Christophe Cornil, Le Petit livre de sainte Procule… (1851)
“ Sa mémoire sera précieuse devant Dieu et devant les hommes ; et l'on verra deux cités fières et heureuses, l'une (Rodez) de lui avoir donné le jour, et l'autre (Gannat) d'avoir reçu son dernier soupir. Et les anges du ciel s'inclinaient avec respect sur son berceau, et bénissaient Dieu d'avoir mis sur la terre une créature appelée à tant de vertus pendant sa vie, et à tant de gloire après sa sa mort 3° Comme sainte Procule, quand nous sommes venus au monde, nous avons, sans nul doute réjoui notre famille tout entière. ”
Florent Carton dit Dancourt,
Céphale et Procris
“ Philacte.Procris est femme forte, et ne pleurera pas, [1215] Courage, allons.Céphale.Des plus cruelles peinesAccabler le coeur de Procris !Oser briser avec méprisLes noeuds d'hymen, les saintes chaînesDont pour garants nous avons pris [1220] Les Dieux protecteurs d'Athènes !Philacte.Hé bien soit. Pensez-vous que Neptune et PallasDe Procris prendront la querelle,Et qu'ils ne se prêteront pasAux faiblesses d'une Immortelle ? [1225] Comme entre gens de qualité,On aime entre les Dieux à se rendre service ;Le faible a pour lui la justice,Mais dans sa plainte il n'est guère écouté. ”
“ Je conviens, reprit l’amiral, que la faute qu’ils ont commise mérite une grande punition ; je ne trouverais même pas trop fort le supplice auquel ils sont condamnés, si tout autre que Votre Majesté avait prononcé leur arrêt ; mais, de même que les crimes méritent punition, il me semble que les services doivent être récompensés. Connaissez-vous bien ces deux criminels ? — J’ignore qui ils sont, répondit le roi. — Permettez-moi donc de vous les faire connaître, afin que vous jugiez vous-même que vous vous êtes laissé emporter trop loin par les mouvements de votre colère. ”
Paul Broca,
Correspondance 1841-1847. Tome 1
(1886)
“ Il fait une chaleur étouffante ce soir. Je suis harassé, moulu. Le pavé de Paris fatigue plus que l'herbe fraîche qui verdoie. Encore treize jours. Cette fois-ci je ne vous charge pas de faire des amitiés aux amis. Je me les réserve à mon arrivée. Je vous embrasse, chers parents, avec tendresse et affection. Votre tout dévoué fils et neveu, P. BROCA. P.-S. — J'attends avec impatience la réponse à ma lettre d'avant-hier. Dimanche, 14 août 1842. ”
G. de La Châtaigneraie, Le mystère d'un vieux château (1884)
“ Le silence avec lequel Procule accueille son arrêt, paraît être d'un favorable augure. La somp-tueuse demeure se pare de tentures éclatantes s'emplit, d'une foule joyeuse et frivole, toujours prête à former le cortège de la fortune, de la puissance, du bonheur. ”
Dictionnaire de Trévoux/6e édition…
“ Broc, signifioit autrefois une broche, Veru ; mais il n’est plus en usage qu’en cette phrase proverbiale, manger un rôti de broc en bouche ; pour dire, tout chaud, au sortir de la broche. Broc, se prend (en Dauphiné) pour une difficulté qui se présente à celui qui fait quelque chose, & qui l’arrête. Obex, impedimentum, difficultas. On dit d’un homme qui parlant en public hésite long-temps, qu’il a trouvé un broc. Cette manière de parler est du bas peuple. ”
“ Mon uniforme blanc ressorte mieux encor ! PROKESCH.Prince ! LE DUC, allant et venant, avec agitation.Ils ont composé de sots mon entourage ! PROKESCH.Que faites-vous ici, depuis six mois ? LE DUC.Je rage. PROKESCH, remonté vers le balcon.Je ne connaissais pas Schœnbrunn. LE DUC.C’est un tombeau ! PROKESCH, regardant.La Gloriette, au fond, sur le ciel, c’est très beau ! LE DUC.Oui, pendant que mon cœur de gloire s’inquiète,J’ai ce diminutif, là-bas : la Gloriette ! PROKESCH, redescendant.Vous avez tout le parc pour monter à cheval. LE DUC.Le parc est trop petit ! ”
Boccace,
Le Décaméron
(1350-1354)
“ Donc, après le souper, s’étant levée de table, elle prit conseil de sa servante pour savoir s’il ne lui semblerait pas juste que, puisque le marquis s’était moqué d’elle, elle usât du bien que la fortune lui envoyait. La servante, voyant le désir de la dame, l’engagea le plus qu’elle put et qu’elle sut à contenter ce désir. ”
“ Silence. Metternich reparaît avec Prokesch.) METTERNICH, traversant le fond avec Prokesch.Ne vous dérangez pas. Causez ! causez !... J’emmèneProkesch, au fond du parc, voir la Ruine RomaineOù j’organise un bal.— Dernier représentantD’un monde qui mourra, dit-on, dans un instant,J’aime assez que ce soit sur des ruines qu’on danse !A demain... (Ils sortent. Un temps.) MARMONT, d’une voix sourde.Monseigneur, j’ai gardé le silence. LE DUC.Il n’aurait plus manqué que vous ragusassiez ! MARMONT, saisissant une chaise.Vous pouvez conjuguer ce verbe ; je m’assieds. LE DUC.Comment ? ”
Pascal Duprat,
Les tables de proscription de Louis Bonaparte et de ses complices…
(1852)
“ Que de proscrits nous avons comptés dans quelques départements de l'Est, dans le rayon militaire de Paris et au sein de la capitale, sans parler de ceux qui ont échappé à nos regards?' Mais ces déchirements n'étaient que le prélude, un prélude timide et honteux des persécutions, qui attendaient ailleurs la République. C'est en s'avançant vers le Centre et vers le Midi que la proscription, excitée par ses propres excès, déploie peu à peu toutes ses fureurs. Les coups sont plus violents et plus nombreux. Le cercle de l'a douleur se dilate et s'étend. ”
