“ Voilà tout ce que j’ai pu recueillir sur Florien et Tacite, qui méritât d’être rapporté. Maintenant parlons de Probus, homme également illustre dans la paix, dans la guerre, et qu’on doit mettre au-dessus d’Aurélien, de Trajan, d’Adrien, des Antonins, d’Alexandre Sévère et de Claude : car les qualités qui brillèrent dans chacun de ces empereurs, Probus les réunit toutes au suprême degré. ”
Probus
Définition et enjeux
Le concept de Probus désigne principalement l’empereur romain du IIIe siècle, réputé pour ses mérites militaires et politiques. Les sources historiques le dépeignent comme un chef remarquable, tel que le racontent les Histoires Augustes, qui le rangent parmi les plus grands souverains, ou les écrits de Godefroid Kurth mettant en avant ses succès contre les Francs.
Pierre-Joseph Proudhon, quant à lui, le cite comme un exemple de direction face aux difficultés de l’époque. Les interprétations diffèrent selon ses qualités personnelles et ses décisions politiques, comme chez Jurien de La Gravière, qui souligne l’effet de ses réformes dans l’armée. Ce thème rattache donc l’histoire romaine à des enjeux tels que la Gaule, les Barbares et la déclin de l’Empire.
Citations sur “Probus”
Pierre-Joseph Proudhon,
De la justice dans la Révolution et dans l’Église
“ En vain Probus avait mérité par ses victoires les surnoms de Francique, de Gothique, de Sarmatique, de Parthique ; en vain il brillait de toutes les vertus de l’homme et du citoyen : on lui opposait un Proculus, un Bonosus. ”
Godefroid Kurth,
Clovis, Tome 1 (of 2)
(1901)
“ Heureusement pour Rome, cette fois, les légions d'Orient, qui s'étaient attribué la nomination de l'empereur, avaient mis la main sur un héros. Probus, qui s'était illustré par de précédentes campagnes contre les Francs, fut un des plus grands généraux qui aient occupé le trône impérial, et son règne un des plus beaux dont l'histoire ait gardé le souvenir. Probus tint tête aux Francs et aux Alamans: il en extermina, dit-on, quatre cent mille sur le sol de la Gaule; il refoula ceux qui restaient, les uns au-delà du Rhin, les autres au-delà du Neckar ”
“ À la nouvelle que Probus avait été élu empereur, les soldats, persuadés que personne plus que lui n’était digne du pouvoir, tuèrent Florien, qui s’était emparé du trône comme d’un héritage. Ainsi, sans le moindre obstacle, lui fut déféré l’empire de tout l’univers par décision de l’armée et du sénat. ”
“ Citoyen ou empereur, il se distingua par les plus nobles vertus. Le père de Probus, au dire de quelques écrivains, s’appelait Maximus ; du grade d’officier qu’il avait rempli avec distinction, il parvint à celui de tribun, et mourut en Égypte, laissant sa femme, son fils et une fille. Plusieurs historiens disent que Probus était le parent de Claude, prince excellent et vénérable : toutefois, comme je ne trouve cette opinion consignée que dans un seul auteur grec, je m’abstiendrai de me prononcer à cet égard. ”
Amable Bapaume, Les requins de Paris (1882)
“ M. le vicomte de Cerny, dit l'abbé, est un charmant garçon, mais un fort mauvais sujet ! – Capable de tout ! ajouta Probus. – Singulier homme que ce monstre qui s'intitule le Conciliateur ! appuya Galathée. – O ! c'est celui-là surtout qui me fait peur ! s'écria Gabrielle. – Monsieur le curé, interrompit Probus, sous mon déguisement de ce matin, j'ai surpris les secrets d'une odieuse machination !... Il ne s'agit pas ici d'un débauché ordinaire. Celui-là est riche et puissant ! Il ne recule devant rien pour satisfaire ses passions. Je suis pauvre et seul ! Comment me défendre ? ”
François-René de Chateaubriand,
Oeuvres de M. le vicomte de Chateaubriand…
(1838)
“ Probus conçut le plan régulier de défendre l'Empire contre les Barbares avec des Barbares. Quand la république réunissoit des peuples à ses domaines, elle leur apportoit la vertu en échange de la force qu'elle recevoit d'eux. Que pouvoient les Romains du siècle de Probus pour les Barbares? ”
Jurien de La Gravière, Revue des Deux Mondes
“ Ce grand et honnête empereur introduisit pourtant, à son insu, dans un empire déjà rongé au cœur, le premier germe de la dissolution finale : en obligeant les nations vaincues à fournir à l’armée romaine un contingent de seize mille hommes, qu’il distribua par fractions de cinquante ou soixante dans les troupes nationales, Probus ruina d’un coup l’édifice vermoulu des vieilles institutions militaires ; Probus ne faisait cependant qu’imiter sur ce point Alexandre : la même fatalité s’impose à tous les conquérans, à toutes les nations qui ont exclusivement grandi par la guerre. ”
Ambroise Rendu, Cours d'histoire et de géographie rédigé pour l'usage des collèges et des aspirants au baccalauréat ès lettres… (1845)
“ « Ici est enseveli Probus, le meilleur des empereurs, le vainqueur des tyrans et de toutes les nations barbares ! » CARUS, CARIN et NUMÉRIEN (282-284) . —Aussi brave que Probus, mais moins habile administrateur, - Carus, simple et dur soldat, ne régna que par la guerre : la sanglante défaite des Sarmates en Illyrie présageait un glorieux triomphe sur les armées de la Perse, et Barham, -successeur de Sapor, venait de voir tomber les murs de Séleucie et de Ctésiphon, quand le prince victorieux périt frappé de la foudre ou égorgé par des assassins. ”
“ La nouvelle de la mort de Probus affecta gravement le sénat et le peuple ; mais grande fut leur consternation, lorsqu’ils apprirent que l’empire avait été déféré à Carus, homme de bien sans doute, quoique son caractère ne pût entrer en parallèle avec celui de Probus, mais dont le fils Carin avait toujours mené une vie des plus répréhensibles : on craignait moins encore d’avoir un empereur obscur, que de lui voir un successeur méchant. ”
Arthur de Guilloteau Grandeffe, Les grandes figures de l'histoire (1882)
“ Cet empereur romain justifia, par son honnêteté, le surnom de Probus, sous lequel il est connu dans l'histoire. Ses succès militaires lui valurent l'empire que lui décernèrent les légions de Syrie; mais le maître était trop rigide pour un peuple inconstant et dégradé. Après la paix, Probus voulut faire travailler les soldats à des travaux d'utilité publique, tels que le creusement des routes et des canaux dans l'empire, Ou le desséchement des marais malfaisants. Il est plus pénible de piocher la terre que de proclamer des empereurs dont on attend quelque récompense. ”
“ XXIII. Confiant en lui-même, Probus ne redouta ni les barbares ni les tyrans. Combien l’empire eût été heureux sous ce prince, s’il n’y eût plus eu de soldats ! Les provinces n’eussent plus eu à pourvoir à I’approvisionnement de la métropole, le trésor n’aurait plus eu de troupes à payer, la république eût conservé ses richesses intactes ; le prince n’ayant aucunes dépenses à faire, les contributions fussent devenues inutiles : c’était le siècle d’or que promettait Probus. Plus de camp nulle part, nulle part le son de la trompette, plus d’armes à fabriquer ”
“ Par une sorte de prérogative qu’elle doit à son bonheur, elle n’a jamais eu pour chefs que des hommes destinés à devenir empereurs. » Ceci montre assez qu’Aurélien avait l’intention, si les destins lui permettaient d’agir selon ses vues, d’élever Probus à l’empire. VII. Consigner ici tout ce que Claude et Tacite ont dit à l’avantage de Probus serait fort long ; mais je rapporterai les paroles prononcées, dit-on, par Tacite au sénat, lorsqu’on lui offrit l’empire : « C’est Probus qu’il faut faire empereur. » ”
“ VIES DE CARUS, DE NUMÉRIEN ET DE CARIN I. C’est le destin qui régit la république, et qui tantôt l’élève au faîte de la puissance, et tantôt la réduit aux dernières extrémités : la mort de Probus l’a suffisamment prouvé. ”
Amable Bapaume, Les requins de Paris (1882)
“ Le père Probus. et puis. et puis. Mais, c'est drôle ! je ne vois plus rien, ânonna le Conciliateur. – Je viens à ton secours, papa !... Après avoir, à peu de chose près, assommé le vicomte, le père Probus t'a fait aussi ta petite affaire !... C'est lui qui t'a arrangé comme ça ! – Malheur ! rugit Surin. Je le tuerai ! – Il est mort ! – Le père Probus ? – Le père Probus ! Vous lui avez causé tant d'émotion, toi et le vicomte, qu'en emportant sa Gabrielle, il a, frappé d'un coup de sang, roulé sur le gazon ! On enterre le brave homme demain ! ”
“ VI. Énumérer ici toutes les belles actions par lesquelles ce grand homme, comme simple particulier, s’illustra sous Valérien, sous Gallien, sous Aurélien et sous Claude, serait pour moi une tâche fort longue. Combien n’escalada-t-il pas de murailles ! combien ne força-t-il pas de remparts ! combien son bras n’immola-t-il pas d’ennemis ! Ne mérita-t-il pas mille fois les récompenses de ses empereurs ? ne rendit-il pas à la république son ancien éclat ? Une lettre adressée par Gallien aux tribuns nous montre quel était Probus. ”
“ Dieux cléments ! de quels crimes la république romaine s’est-elle rendue coupable envers vous, pour l’avoir privée d’un si grand prince ? Qu’ils osent donc se montrer maintenant, ceux qui dressent des soldats pour des guerres civiles, qui arment les frères contre leurs frères, qui excitent les enfants à se souiller du sang paternel, et qui contestent la divinité de Probus, divinité que nos empereurs ont sagement voulu consacrer par des statues, honorer par des temples, et célébrer par les jeux du Cirque. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ La première partie de la prédiction fut vérifiée par la victoire de Probus ; mais la clémence de ce prince voulut empêcher l’effet de la dernière. Il essaya même d’arracher l’infortuné Saturnin à la fureur des soldats. Rempli d’estime pour l’usurpateur, Probus avait puni, comme un vil délateur, le premier qui lui avait apporté la nouvelle de sa révolte [56] . [A. D. 279.] Il avait exhorté plus d’une fois ce général rebelle à prendre confiance en son maître. Saturnin aurait peut-être accepté une offre si généreuse, s’il n’eût pas été retenu par l’opiniâtreté de ses partisans. ”
Amable Bapaume, Les requins de Paris (1882)
“ Probus, madame ! – Un singulier nom !... joli nom du reste. un nom ; allemand ? – Le père Probus est de Bretagne ! – Qu'importe !... Tous gens mariés ? – Sauf Probus, qui est veuf ! – Veuf !... Ah ! le pauvre homme !... A-t-il des en fants ? – Il a une fille, madame. Qu'est-ce que je dis donc.. un ange ! – Ah !... un ange de beauté ? – Ah ! madame, tellement belle que les autres jeunes filles ne songent seulement pas à en être jalouses ! – Poste ! fit Jules. – Un malheur que tant de beauté, reprit gravement Galathée., l'âge amènera des galants. – Madame ne connaît pas Gabrielle ! ”
Marie-Nicolas Bouillet, Bouillet - Atlas universel d'histoire et géographie… (1865)
“ A la nouvelle de la proclamation de Probus il se donne la mort. 277. Probus punit les meurtriers d'Aurélien ; il délivre la Gaule des Bourguignons, des Vandales et des Francs ; il passe le Rhin, poursuit les barbares jusqu'à l'Elbe et impose aux Francs un tribut de 16000 hommes, qui serviront dans les légions. Une grande partie des prisonniers est reléguée sur les côtes du Pont-Euxin. Des Vandales et des Burgundes sont transportés en Bretagne. 278. Probus arrache la Rhétie aux Sarmates et aux Goths ; il force les Isauriens dans leurs montatagnes. ”
Amable Bapaume, Les requins de Paris (1882)
“ Reste la mort du serrurier ! L'émotion a-t-elle tué le père Probus ? Si oui, un peu de prison et beaucoup d'argent, voilà ce que nous devons exiger du vicomte, qui s'empressera d'accepter le débat sur ce terrain. Mais, à côté du vicomte, nous trouverons un homme qui est et qui sera toujours notre ennemi mortel. L'avocat de ce drôle de Dupré, soutenu par un docteur quelconque, demandera à la Cour s'il est juste, équitable, sensé, dé rendre son client responsable de la mort du père Probus. ”
Pline le Jeune,
Lettres de Pline le Jeune - Tome premier - Panckoucke 1826
“ Nous jugions de même que nous ne viendrions à bout d’un si gros escadron d’accusés, qu’en les détachant les uns des autres. La première chose que nous crûmes devoir établir, c’est que Classicus était coupable : c’était une préparation nécessaire à l’accusation de ses officiers et de ses complices, qui ne pouvaient être reconnus criminels, s’il était innocent. Nous en choisîmes deux, pour les accuser avec lui dès le premier moment, Bébius Probus et Fabius Hispanus, l’un et l’autre redoutables par leur crédit, Hispanus même par son éloquence. Classicus nous donna peu de peine. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Atlas universel d'Histoire et de géographie contenant 1° la chronologie… (1872)
“ Rétablissement de la tranquillité dans tout l'empire; Probus emploie ses troupes à planter des vignes en Gaule, en Espagne, en Pannonie et en Mésie, et permet aux Bretons (Angleterre) de cultiver leurs vignes, ce qui leur avait été défendu par Domitien. 282. Les soldats employés à des travaux publics se révoltent et massacrent Probus à Sirmium. Carus, préfet du prétoire, est proclamé par les légions. — Il donne le titre de César à ses fils Carin et Numérien. — Les Sarmates menacent l'Illyrie. Carus les met en déroute. ”
Polyptyque de l'abbé Irminon ou Dénombrement des manses… (1844)
“ En 277, l'empereur Probus, après avoir vaincu les Germains, fit cultiver les champs des Gaules par les prisonniers de cette nation 11. En 291, les Francs reçus dans l'empire furent établis par l'empereur Maximien dans les terres en friche des Nerviens et du pays de Trêves12, et, cinq ans plus tard, les victoires du césar Constance Chlore forcèrent les Chamaves, les Frisons et d'autres peuples barbares de porter les armes et de labourer pour les Romains 13. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Ce prince usa de la victoire remportée sur les rebelles avec sa modération ordinaire : il épargna la vie aussi-bien que la fortune de leurs familles innocentes [58] . Triomphe de l’empereur Probus. A. D. 281.Ses armes avaient triomphé de tous les ennemis étrangers et domestiques de l’état. Son administration douce, mais ferme, ne contribua pas moins à rétablir la tranquillité publique. Il n’existait plus dans les provinces de Barbares ennemis, d’usurpateurs, de brigands même, qui rappelassent le souvenir des anciens désordres. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
“ Cette ordonnance fut observée dans la suite, car l’empereur Valérien, dans une lettre adressée à Mulvius Gallicanus, préfet du prétoire, s’excuse de l’avoir violée en faveur du jeune Probus, depuis empereur, à qui il avait conféré le tribunal de bonne heure, à cause de ses rares talens. ”
Louis Demaeght, Catalogue raisonné du musée d'Oran… (1898)
“ IMP. CL. TACITVS AVG. Son buste radié, drapé et cuirassé à droite. — Rv. TEMPORVM FELICITAS. La Félicité debout à gauche, tenant un caducée de la main droite et une corne d'abondance de la gauche. PROBUS (Marcus Aurelius Probus) 276 — 282 Probus, né à Sirmium en Pannonie, le 19 août 232, était d'une famille obscure. Il embrassa la carrière militaire et se distingua dans diverses opérations sous Aurélien et Tacite. Devenu général, il fut envoyé en Egypte, d'où, en 271. il chassa les troupes de Zénobie commandées par Zabdas. ”
Étienne-Jean Delécluze,
Romans, contes et nouvelles
(1843)
“ Je pense, je suis certain même que l'objet principal que vous devez poursuivre dans celte circonstance est de faire tirer en longueur et de mettre peu à peu en oubli un procès qui deviendrait fatal aux trois quarts des grandes maisons de Rome et au saint-siége même. Qu'on en allonge autant qu'il se pourra l'instruction ; mais pour votre sûreté comme souverain, et pour la satisfaction du peuple qui crie encore vengeance, infligez de votre propre mouvement une peine qui précédera les effets de la justice. ”
Pierre-Joseph Proudhon,
Qu’est-ce que la propriété ?
(1840)
“ Je suis, monsieur, autant ému que vous des abus que vous signalez ; mais j’ai un attachement si profond pour l’ordre, non cet ordre banal et tracassier à qui suffisent les agents de police, mais pour l’ordre majestueux et imposant des sociétés humaines, que je m’en trouve quelquefois gêné pour attaquer certains abus. Je voudrais raffermir d’une main toutes les fois que je suis forcé d’ébranler de l’autre. Il faut tant craindre de détruire des boutons à fruit, quand on taille un vieil arbre ! Vous savez cela mieux que personne. ”
Jean-Henri-Romain Prompsault, Pourvoi, mémoire et requête pour M. l'abbé J.-H.-R. Prompsault… (1854)
“ Où en serions-nous, s'il était permis à un homme qui n'est ni infaillible, ni exempt de passion, de prononcer seul sur le sort des prêtres qui travaillent à l'oeuvre sainte du Seigneur, sous sa surveillance et sa direction ? - L'abus est ici aussi certain que dangereux. Il y a, comme dans le cas précédent, infraction des canons reçus en France et contravention aux lois concordataires. 3e abus. — Mgr. l'archevêque de Paris a-rendu son ordonnance sur un acte d'accusation qui n'est pas signé. ”
Calixte Blanc, Apostolat de S. Probace dans l'ancienne Turris (1879)
“ Cette Cantate mise en musique par M. l'abbé Giraud, notre ami, actuellement directeur du collège de Lorgues, fut brillamment exécutée une première fois, le jour de la fête de Saint Probace, en l'année 1875. Déjà Jésus abandonne la terre ; Prends dans tes mains l'étendard de la Croix ; A l'injustice, au mal va déclarer la guerre ; Les dieux d'or et de chair frémiront à ta voix ! Va, divin Probace, Apôtre de la Grâce, Au nom du Roi de l'Univers, Brise les chaînes des Enfers ! ”
