“ Le salon, à frises dorées, était tendu de damas ponceau ; les meubles, qui paraissaient être de la belle époque du siècle de Louis XIV, étaient aussi dorés ; et plusieurs consoles de marqueterie, comblées de magnifiques porcelaines de toutes sortes, complétaient l’ornement de cette pièce. Mais ce qui me plut surtout, c’est que la splendeur de ce luxe, ordinaire dans une ville, contrastait là délicieusement avec la solitude presque sauvage de l’habitation, et surtout avec la nature riante et grandiose qu’on découvrait des fenêtres du salon. ”
Pièce à conviction
Définition et enjeux
Citations sur “pièce à conviction”
“ Ce petit théâtre dont chaque scène est soigneusement arrangée et combinée pour tromper l’œil et faire le plus d’effet possible, vous le revoyez ici, pièce à pièce, démonté, démodé. Chaque meuble, séparé de son entourage, sorti de son cadre, a l’air plus vieux que son âge et plus laid que nature. ”
J J A Ricard, Vade-mecum du magnétiseur, par J.-J.-A. Ricard… (1848)
“ Quelle est la destination de cette pièce ? — C'est un salon de compagnie. Je ne vois que des chaises, des fauteuils, des bergères, une table chargée de porcelaines et un meuble que je ne connais pas. -Examinez ce meuble. Qu'est-ce que c'est ? - Attendez, j'y suis. C'est un piano. — Très-bien. Voyez-vous une cheminée dans ce salon ? — Oui, elle est là, à droite de la porte, en entrant, - Que voyez-vous sur cette cheminée ? ”
Florence Montgomery, Méconnu (1887)
“ Le salon avait toujours été pour lui une pièce fermée; aussi écoutait-il avec une révérence croissante les récits pompeux d'Humphrey sur les gloires passées de la maison, alors que le salon était illuminé, les fenêtres parées de rideaux de mousseline, tous les sièges couverts de perse, et que maman était couchée sur son sofa avec sa table à ouvrage près d'elle. ”
André Léo,
Les Deux Filles de monsieur Plichon
(1864)
“ Tout le rez-de-chaussée, excepté le salon, est tendu de belles tapisseries à paysages, ornés d’oiseaux flamboyants. Le salon, arrangé suivant le goût moderne, n’en est pas plus beau. Ce papier fond gris, à arabesques vertes et à fleurs roses, est une parure mesquine pour ces hauts et larges jours ; les fauteuils et les canapés de velours sont beaucoup trop à l’aise dans cette vaste pièce ; les brimborions amassés par la tante Clotilde y tremblotent, et la large cheminée de marbre sculpté est fort tristement gâtée par l’appareil du chauffage économique. ”
Albert Thibaudet,
La Poésie de Stéphane Mallarmé
“ Un salon, surtout, impose, avec quelques habitués, par l’absence d’autres, la pièce, alors, explique son élévation, et confère, de plafonds altiers, la supériorité à la gardienne, là, de l’espace si, comme c’était, énigmatique de paraître cordiale et railleuse ou accueillant selon le regard scrutateur levé de l’attente, distinguée, sur quelque meuble bas, la ferveur. ”
Wilkie Collins,
La Femme en blanc
“ J’eusse fait preuve d’un goût difficile, en vérité, si cette pièce et ses arrangements intérieurs ne m’avaient pas satisfait. La fenêtre, en saillie sur la façade, avait pour perspective le charmant paysage qui, le matin, avait, dès mon réveil, enchanté mes yeux. L’ameublement était parfait de goût et de confort. La table, placée au centre, rayonnait de beaux livres aux tranches dorées, d’objets de bureau délicatement ouvrés, et de fleurs fraîchement épanouies. ”
Zo d’Axa,
De Mazas à Jérusalem
“ Ils vont trouver du changement au parloir, la grande pièce nue où quatre chaises éparses représentaient le confort. C’est presque un salon maintenant — et quel style ! J’attends un cri d’étonnement joyeux. Le cri ne manque pas. À la vue de la vaste table en vieux chêne, des larges bancs à dossier, bancs d’atelier ou de cloître, les amis qui viennent me voir cette après-midi, d’anciens collabos à moi, s’exclament et acclament : ils ont reconnu... le mobilier du journal ! Ils retrouvent, à Sainte-Pélagie, notre salle de rédaction. ”
“ Le salon était une petite pièce simplement meublée, mais propre et confortable. Les chaises, de forme antique, étaient brillantes à force d'avoir été frottées, et la table de noyer eût pu servir de miroir. Quelques vieux portraits d'hommes et de femmes décoraient le papier fané du mur; un buffet vitré renfermait des livres et un ancien service de porcelaine. Il n'y avait aucun ornement inutile dans la chambre; pas un meuble moderne, excepté pourtant deux boites à ouvrage et un pupitre en bois de rose, placés sur une table de côté. ”
“ Lorsqu’on n’attendait personne, les salons de réception, au rez-de-chaussée, étaient fermés soigneusement, ainsi que les grandes chambres du premier étage ; car, de toute cette vaste habitation, les deux femmes n’occupaient plus qu’une étroite pièce, dont elles avaient fait leur salle à manger et leur boudoir. ”
Ctesse de Veilles, Sagesse et bonté, livre des jeunes personnes… (1861)
“ BERTHE DE RÉMIGNY. 81 Ma chère, je ne m'y reconnus-plus. Du premier salon on a fait une antichambre, du billard et du petit salon, une seule et énorme pièce avec quatre croisées de face ; il y a de quoi s'y perdre, c'est une halle. La cheminée est aussi haute que moi et la vieille pendule qui la décore me fait peur, tant elle est noire et enfumée. On a tendu les murailles avec de la brocatelle d'un vert foncé ; les rideaux et les. meubles sont pareils, de sorte que cela est mortellement sombre. De grands portraits de famille sont suspendus tout autour de l'appartement. ”
Tony Révillon,
Noémi
(1878)
“ Le visiteur qui entre dans le palais par la rue se trouve dans une pièce étroite et haute, dont un rideau de tapisserie forme le fond, et dont l'unique meuble est un comptoir massif surmonté de balances à peser les métaux. ”
Élisa Michaud, Canadiennes d’hier
“ Il y a dans le salon quelques restes de l’ancien ameublement : une table, un grand canapé, le piano carré, ainsi que le tapis à ramages et le papier-tenture posé par votre grand’mère il y a plus de quarante ans, ce papier que votre grand-père trouvait si laid (vieil or et café au lait) et qui revient à la mode de nos jours. Il est merveilleusement conservé grâce à cette mauvaise habitude qu’ont les bonnes gens de la campagne, sauf exception, de ne pas enlever les doubles fenêtres en été et de tenir bien closes les persiennes de la pièce de réception, pour la garder fraîche. Oui, fraîche... ”
Désiré Pasquet, Londres et les ouvriers de Londres (1914)
“ Mais une pièce attire votre attention, c'est une grande salle bien éclairée, dont les fenêtres ont — chose inouïe — des rideaux, et où vous apercevez — chose plus extraordinaire encore — des vases de fleurs sur les tables. ”
Émile Zola,
La Curée
(1871)
“ Le grand salon de l’hôtel était une vaste pièce longue, une sorte de galerie, allant d’un pavillon à l’autre, occupant toute la façade du côté du jardin. Une large porte-fenêtre s’ouvrait sur le perron. Cette galerie était resplendissante d’or. Le plafond, légèrement cintré, avait des enroulements capricieux courant autour de grands médaillons dorés, qui luisaient comme des boucliers. Des rosaces, des guirlandes éclatantes bordaient la voûte ; des filets, pareils à des jets de métal en fusion, coulaient sur les murs, encadrant les panneaux, tendus de soie rouge ; ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ Quoique salon en français, selon l’usage actuel, ou ne signifie pas toujours une grande salle, ou exprime encore une autre idée, toujours est-il vrai, que selon les erremens de la distribution ordinaire des appartemens, ce mot s’applique à la pièce qui, entre toutes celles dont se compose l’appartement, est souvent la plus grande et toujours la plus richement ornée. Le salon est ce qu’on appeloit, et ce qu’on appelle encore la salle de compagnie. ”
Félix Narjoux, Notes de voyage d'un architecte dans le nord-ouest de l'Europe… (1876)
“ L' ameublement et la décoration de cette pièce participent de la salle à manger et du salon ; les murs sont peints , les plafonds font voir les solives de sapin , laissées apparentes , décorées de filets de couleurs . Au premier étage ( fig . 204 ) , une chambre à coucher répète la salle , en a la forme et les dimensions , et offre dans sa décoration les mêmes caractères et le même parti ; un grand lit carré , placé debout , occupe une partie de la pièce ; au fond de la loge est placé le coffre , tradition toujours debout d' une des plus vieilles coutumes des provinces Scandinaves ”
Honoré de Balzac,
Scènes de la vie de province. Tome premier
“ Au 218 rez-de-chaussée de la maison, la pièce la plus considérable était une salle dont l'entrée se trouvait sous la voûte de la porte cochère. Peu de personnes connaissent l'importance d'une salle dans les petites villes de l'Anjou, de la Touraine et du Berry. La salle est à la fois l'antichambre, le salon, le cabinet, le boudoir, la salle à manger; elle est le théâtre de la vie domestique, le foyer commun; là, le coiffeur du quartier venait couper deux fois l'an les cheveux de monsieur Grandet; là, entraient les fermiers, le curé, le sous-préfet, le garçon meunier. ”
Henri-Marcel Magne, L'art appliqué aux métiers. Décor du mobilier… (1913-1933)
“ Cela ne simplifie pas davantage le problème du mobilier : le fait, fréquent dans les petits appartements, de réunir dans une même pièce sous le nom de studio le salon et le cabinet de travail, ou de réunir sous le nom de hall le salon, la salle à - manger et la bibliothèque, augmente au contraire les difficultés. ”
Élisabeth Cassaigneau, Les cinq années de maladie de mon chevalier… (1876)
“ L'antichambre est la pièce la plus convenable ; on y entre par une porte grillée qui est la seule ouverture par où elle voit le jour. Elle est tapissée de bleu sur un fonds bismark ; un tapis, quatre chaises dejardin, une table ronde, comme on en voit dans les cafés et que j'achetai lorsque j'étais en train de dépenser mon patrimoine, tel est l'ameublement de mon boudoir. La chambre à coucher, qui est à côté, est tellement délabrée qu'il m'est impossible de l'habiter ; je cou- clie dans une alcôve que j'ai faite dans la cuisine. ”
Edgar Allan Poe,
Nouvelles Histoires extraordinaires
“ Mais la maison ! — quelle curieuse vieille bâtisse cela faisait ! — Pour moi, quel véritable palais d’enchantements ! Il n’y avait réellement pas de fin à ses détours, — à ses incompréhensibles subdivisions. Il était difficile, à n’importe quel moment donné, de dire avec certitude si l’on se trouvait au premier ou au second étage. D’une pièce à l’autre, on était toujours sûr de trouver trois ou quatre marches à monter ou à descendre. ”
“ La salle à manger était une vaste pièce carrée, dont les boiseries de poirier noirci et verni montaient à hauteur d'homme, ornées de minces filets d'or. Les quatre grands panneaux avaient dû être ménagés de façon à recevoir des peintures de nature morte; mais ils étaient restés vides, le propriétaire de l'hôtel ayant sans doute reculé devant une dépense purement artistique. On les avait simplement tendus de velours gros vert. ”
“ C'était une calme lueur qui coupait le guéridon et la chaise longue, baignait les gros plis des rideaux de velours, azurait la glace de l'armoire de palissandre, placée entre les deux fenêtres. L'harmonie bourgeoise de la pièce, ce bleu des tentures, des meubles et du tapis, prenait à cette heure nocturne une douceur vague de nuée. Et, en face des fenêtres, du côté de l'ombre, le lit, également tendu de velours, faisait une masse noire, éclairée seulement de la pâleur des draps. Hélène, les mains croisées, dans sa tranquille attitude de mère et de veuve, avait un léger souffle. ”
Edgar Allan Poe,
La Lettre volée
(1844)
“ — Quelquefois le dessus d’une table ou de toute autre pièce d’ameublement analogue est enlevé par une personne qui désire cacher quelque chose ; elle creuse le pied de la table ; l’objet est déposé dans la cavité, et le dessus replacé. On se sert de la même manière des montants d’un lit. ”
Théophile Gautier,
Histoire du romantisme
“ Cette soirée devait être, selon nous et avec raison, le plus grand événement du siècle, puisque c'était l'inauguration de la libre, jeune et nouvelle Pensée sur les débris des vieilles routines, et nous désirions la solenniser par quelque toilette d'apparat, quelque costume bizarre et splendide faisant honneur au maître, à l'école et à la pièce. ”
Eugène Labiche,
Théâtre complet d’Eugène Labiche…
“ Un salon octogone disposé pour un bal chez Papavert. — À gauche, une porte. — Dans le pan coupé du même côté, porte conduisant dans d’autres salons. — Au fond, grande porte ouvrant sur une antichambre, décorée et éclairée. — Les entrées du dehors se font par cette porte et viennent de la droite de l’antichambre. — Dans le pan coupé de droite, une grande fenêtre. — Devant la fenêtre, une estrade et un pupitre double pour les musiciens. — À droite, une porte. Scène PREMIÈRE. PAPAVERT, puis CORINNE.Au lever du rideau, on voit des invités se promener dans la pièce du fond. ”
“ C’était une de ces vieilles maisons délicieusement irrégulières où l’on monte deux marches, on en descend trois, pour aller d’une pièce à l’autre ; où vous découvrez encore des chambres quand vous croyez avoir tout vu ; et qui contiennent une foule de cabinets, de petits passages, de couloirs, de chambrettes avec des jalousies aux fenêtres, à travers lesquelles passent les branches flexibles des plantes grimpantes qui tapissent la muraille. ”
Gaston Devore, Demi-soeurs : pièce en trois actes… (1906)
“ Par cette dernière, on aperçoit un autre salon. Autour de la cheminée où flambe un beau feu clair, sont disposés un confortable fauteuil-bergère, une table à ouvrage, un canapé, etc.: c'est l'endroit où l'on aime à vivre. A gauche, au premier plan, un meuble secrétaire avec un siège devant. Au-dessus de ce meuble, un portrait d'homme d'une quarantaine d'années. A droite, au premier plan, une table sur laquelle se trouvent des journaux, des revues, des livres. SCÈNE PREMIÈRE CLAIRE, GILBERTE Claire, au coin du feu, dans la bergère, lit le journal avec de grandes marques de satisfaction. ”
“ Un peu avant dix heures, la vieille dame se réveillait. On fermait la boutique, et toute la famille montait se coucher. Le chat tigré suivait ses maîtres en ronronnant, en se frottant la tête contre chaque barreau de la rampe.En haut, le logement se composait de trois pièces. L'escalier donnait dans une salle à manger qui servait en même temps de salon. A gauche était un poêle de faïence dans une niche; en face se dressait un buffet, puis des chaises se rangeaient le long des murs, une table ronde, toute ouverte, coupait le milieu de la pièce. ”
Richard Kron, Le petit Parisien : lectures et conversations françaises sur tous les sujets de la vie pratique à l'usage de ceux qui désirent connaître la langue courante… (1913)
“ Nous n'avons pas de meubles en bois de palissandre, d'acajou, de noyer, d'érable, &c. Les tables, le canapé, les fauteuils et les chaises (rembourrées) du salon sont du meilleur goût. Le piano (à queue) nous a coûté les yeux de la tête; c'est la plus belle pièce de notre mobilier. Le tapis de Turquie (ou de Smyrne) qui couvre le plancher du salon est un cadeau de mon oncle Jean. Sur la (tablette de la) cheminée, il y a une pendule, deux grands vases, deux candélabres à ”
Gérard de Nerval,
Les Filles du feu
“ Je me trouvai tout à coup dans une salle qui faisait partie de la demeure de mon aïeul. Elle semblait s'être agrandie seulement. Les vieux meubles luisaient d'un poli merveilleux, les tapis et les rideaux étaient comme remis à neuf, un jour trois fois plus brillant que le jour naturel arrivait par la [p. 17] croisée et par la porte, et il y avait dans l'air une fraîcheur et un parfum des premières matinées tièdes du printemps. Trois femmes travaillaient dans cette pièce, et représentaient, sans leur ressembler absolument, des parentes et des amies de ma jeunesse. ”
“ Elle allait de pièce en pièce, cherchant les meubles qui lui rappelaient des événements, ces meubles amis qui font partie de notre vie, presque de notre être, connus depuis la jeunesse et auxquels sont attachés des souvenirs de joies ou de tristesses, des dates de notre histoire, qui ont été les compagnons muets de nos heures douces ou sombres, qui ont vieilli, qui se sont usés à côté de nous, dont l'étoffe est crevée par places et la doublure déchirée, dont les articulations branlent, dont la couleur s'est effacée.Elle les choisissait un à un, hésitant souvent, troublée comme avant de prendre des déterminations capitales, revenant à tout instant sur sa décision, balançant les mérites de deux fauteuils ou de quelque vieux secrétaire comparé à une ancienne table à ouvrage. ”
