Tony Révillon

Tony Révillon

Noémi (1878)

Résumé

Portrait de Tony Révillon Tony Révillon,  Noémi (1878)

“ Le péristyle est encombré, l'escalier noir de chapeaux. On se coudoie sous les marronniers, les voitures s'accrochent dans la rue. C'est une mêlée d'hommes où les individualités disparaissent, une armée confuse dont on ne perçoit que la masse et le fourmillement.
Tout à coup le mouvement s'immobilisa, les voix se turent, et l'on entendit dans le silence passer ce nom comme un murmure :
– Moïse Brünner ! Moïse Brünner !
Le maître de la Bourse, après être entré par le péristyle sur la place, sortait par le péristyle sur la rue, et tout le monde s'écartait, formant la haie sur son passage.
”
Source : Gallica

Portrait de Tony Révillon Tony Révillon,  Noémi (1878)

“ Etienne de Gondie n'avait ni père, ni mère, ni frère, ni soeur, ni enfant, ni ami. Les mots de patrie, d'humanité, de solidarité, de justice n'exprimaient pour lui que des idées vagues. Aucun devoir ne le condamnait à vivre, et, comme il était brave, il allait mourir.
Ce joueur avait tout mis sur une carte, et il avait perdu.
Il paierait à la Gondio, – avec son sang. Et,
très-calme, il suivait des yeux l'aiguille sur le cadran.
”
Source : Gallica

Portrait de Tony Révillon Tony Révillon,  Noémi (1878)

“ Lorsqu'il descendait le sentier de Boulogne qui conduisait à la grille et qu'il apercevait, au delà des marronniers, l'éden que Moïse Brünner par modestie appelait un jardin, le joueur perdait son sang-froid. La lucidité avec laquelle il jugeait autrefois les actions d'autrui par rapport à lui-même, la vue noire de l'homme qui a quotidiennement le spectacle du succès injuste sous les yeux, la misanthropie ironique du viveur témoin quotidien des moeurs de la grande vie, l'audace voulue du décavé qui évite l'affront par l'impertinence de la tenue, tout avait disparu. ”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature