Résumé

M. Chauffard Revue des Deux Mondes

Ont-ils besoin de toucher directement la vie, la sensibilité, la motilité, pour agir sur elles? En aucune façon : ils n’ont qu’à agir sur l’être vivant, irritable, sensible, contractile; c’est leur façon d’agir sur la vie elle-même. La vie est-elle quelque chose en dehors de sa réalisation visible en un organisme irritable et doué de motilité? Agir sur la cause vivante, qu’est-ce sinon agir sur l’organisme vivant, sur un organe ou un élément vivant? Toute l’action régulière des causes extérieures, celle aussi des substances toxiques et médicamenteuses, ne se résume-t-elle.
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M. Chauffard Revue des Deux Mondes

N’est-ce pas la physique et la chimie la plus avancée que le physiologiste appelle à son aide? Dans cette impuissance d’appliquer des sciences absentes à l’analyse de la vie, quelle pensée devait inévitablement surgir en face de cette merveilleuse évolution vitale, qui traduit si éloquemment, Claude Bernard le reconnaît, une cause propre, une idée créatrice et directrice? Quelle, sinon la pensée d’un principe animateur et créateur, dégageant l’organisme du monde extérieur, le préservant contre lui, et le lui rendant par la mort, alors que le principe créateur s’éteint?
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M. Chauffard Revue des Deux Mondes

S’il fallait définir la vie d’un seul mot, qui, en exprimant bien ma pensée, mît en relief le seul caractère qui, suivant moi, distingue nettement la science biologique, je dirais : la vie c’est la création... De sorte que ce qui caractérise la machine vivante, ce n’est pas la nature de ses propriétés physico-chimiques, si complexes qu’elles soient, mais bien la création de cette machine qui se développe sous nos yeux dans des conditions qui lui sont propres et d’après une idée définie qui exprime la nature de l’être vivant et l’essence même de la vie...
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