Marcel Plessix

Résumé

Marcel Plessix La Revue du Mois

Eh quoi ? vous admettez que l’État se charge de fausser la loi de l’offre et de la demande au profit de l’industrie nationale, vous admettez qu’il légifère pour assurer au producteur des bénéfices prélevés en partie au moins sur le consommateur, et vous oseriez, quand la main-d’œuvre ouvrière réclame des pouvoirs publics la même sollicitude que l’objet de sa fabrication, répondre au législateur : « L’organisation du travail n’est pas votre affaire, elle n’est pas de votre compétence ; laissez faire ici la liberté seule ».
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Marcel Plessix La Revue du Mois

Mais quand le travail s’emploie à torturer la géographie, à créer des routes inutiles, à maintenir, par la trop grande multiplicité des communications, une exploitation défectueuse et coûteuse de celles-ci, à diviser à l’infini la production, à en fausser les conditions même, ne voit-on pas que ce travail est aussi vain que celui de Sisyphe et qu’en l’accomplissant l’humanité peine sans profit ?
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Marcel Plessix La Revue du Mois

Que le consommateur sanctionne longtemps cette merveilleuse politique de son bulletin de vote, qu’il reste l’éternel « battu content », c’est un objet de surprise et de tristesse pour les philosophes qui voudraient garder une haute opinion du suffrage universel ; mais il n’est si bel illogisme qui ne finisse par éclater quand une industrie nationale arrive, par le jeu des tarifs, à se concentrer dans un petit nombre de mains, quand un monopole de fait a pu se créer au profit de quelques habiles, le monopole d’État n’est pas loin
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