Marie-Anne Robert

Résumé

Marie-Anne Robert Les Ondins, conte moral

L’Amour qui l’examinoit, s’apperçut de son trouble ; il ordonna à la Modestie de se retirer, croyant qu’elle seule s’opposoit à son bonheur. Cet ordre redoubla les craintes de Brillante qui se jetta dans les bras de la Déesse : Au nom des Dieux, dit la Princesse saisie de crainte, demeurez & secourez-moi. Hélas ! que deviendrai-je si vous m’abandonnez ? L’Amour n’est qu’un trompeur qui cherche, sans doute, à me séduire ; par pitié, aidez-moi à le fuir. Qui vous a donc inspiré d’aussi mauvaises idées de l’Amour, reprit ce Dieu en colere ?
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Marie-Anne Robert Les Ondins, conte moral

Faveur & Jouissance firent mille tendres adresses à Constance sur son heureux retour ; la gaieté ornoit toutes les actions de Jouissance, qui se flattoit, avec raison, que la réunion de sa compagne avec l’Amour, alloit enfin la faire triompher de son plus cruel ennemi. Car, avant que ce Dieu devînt sensible aux charmes de Brillante, quoique Jouissance fût presque toujours à sa suite, il arrivoit souvent par une fatalité qui la désespéroit, que, malgré les ordres que l’Amour lui donnoit de le suivre, le Dégoût, cet ennemi de son repos, l’entraînoit toujours vers un autre objet.
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Marie-Anne Robert Les Ondins, conte moral

Que ne sommes-nous Rossignols l’une & l’autre ? Qu’ils sont heureux ! Jamais l’inquiétude ni le repentir n’empoisonnent leur félicité, jamais de desirs qu’ils ne puissent satisfaire, & jamais leur bonheur ne leur coûte un remords. Pourquoi la Fée Bonine qui a tant de pouvoir, n’a-t-elle pas celui de nous métamorphoser ainsi ? Du moins, par mes chants & la vivacité de mes caresses, je pourrois amuser ma Princesse & peut-être lui plaire.
Céliane s’appercevant que rien ne pouvoit distraire Tramarine, prit enfin un ton plus sérieux.
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