Marie-Anne Robert, Les Voyages de Milord Céton dans les sept Planettes
“ Quelle douceur, cher prince, lui dit-elle un jour, d’être tout entier à ce qu’on aime, de se faire un devoir de son amour, un mérite de ses soins, de jouir tranquillement du plus délicieux état de la vie, & de joindre le charme de l’union des cœurs à celui de l’innocence ? Les plaisirs ne sont-ils pas bien plus parfaits, lorsque l’amour ne s’introduit que par l’estime, du moins s’il disparoît, ce n’est que pour céder sa place à l’amitié la plus tendre. Est-il de plaisir plus touchant que celui d’aimer ce qu’on respecte, & d’en être chéri sans partage ? ”
