Marie-Claire Daveluy

Marie-Claire Daveluy

Résumé

Portrait de Marie-Claire Daveluy Marie-Claire Daveluy L’esclave des Agniers

Ce que ma bouche enfantine énonçait jadis, comment mon cœur raisonnant de vingt ans n’y voudrait-il pas souscrire ? Non, Charlot, il y a autre chose...
Il y a... ma détresse ! Frère, Jean n’est plus. Entends-tu, Jean Amyot, ce compagnon aimé de ma jeunesse, il est mort ! Mort ! Mon Dieu !... Mon Dieu !... Cela ne me semble pas encore possible. Lui, si brave, si prudent, rempli d’expérience et de sagesse, habile à tous les arts du canotier, s’être noyé ! Noyé avec François Marguerie ! sous nos yeux mêmes ! Et puis, Charlot, je le dis en ce moment, non plus en rougissant, mais en pleurant...
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Portrait de Marie-Claire Daveluy Marie-Claire Daveluy L’esclave des Agniers

Mais, grâce au ciel, non, tu n’es pas mort, non, non tu ne l’es pas, la Providence ne permettrait que ce chagrin écrasant atteignit ta Perrine. Frère, frère, pourquoi es-tu ainsi parti, un jour. Ô enfant imprévoyant, téméraire, demeuré sans pitié devant mes larmes. Mon bouleversement à l’heure de ton départ, je le vois maintenant, c’était plus que de la tristesse, c’était la force d’un tragique pressentiment qui m’enveloppait toute l’âme. Ah ! la seule et faible clarté, qui soutient mon cœur, aujourd’hui, c’est, Charlot, de te savoir sous la garde et la protection de Kinaetenon.
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Portrait de Marie-Claire Daveluy Marie-Claire Daveluy L’esclave des Agniers

Courage, mon frère, dit Charlot. Mais... il est inutile pour le vaillant et fraternel Algonquin qu’il est de continuer à cheminer vers Ossernenon, car... son frère... n’est plus !
L’Algonquin baissa la tête. Un long frisson le secoua. Mais il ne dit pas un mot, ne poussa pas même un soupir.
L’Algonquine, à son tour, s’approcha. Elle glissa sa main dans celle de son compatriote et la serra doucement.
Tous demeurèrent silencieux, immobiles, jusqu’à ce que l’Algonquin lui-même jugeât bon de rompre cette attitude lourde, si triste. Le sauvage se leva tout droit.
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