“ Ainsi, quelqu’un s’est habitué à mentir, de peur de passer pour ignorant : qu’il consente une fois à avouer son ignorance, et il verra bientôt sa crainte se dissiper comme la fumée ; il ne lui restera que la honte d’avoir été si longtemps l’esclave de cette sotte passion. La colère peut se définir : le désir de la vengeance ; elle naît aussi de l’amour : celui qui aime, ne peut rester impassible à la vue du mal qui menace le bien qu’il recherche. La colère inspirée par l’amour d’un bien véritable, l’amour de Dieu, de la justice et de la vérité, est juste et louable. ”
Résumé
“Notions de Logique, 1884”, est une œuvre de . Des thèmes tels que syllogisme, prémisses ou logique y sont abordés.
Citations de Notions de Logique, 1884 ()
“ Celui qui a appris à peindre ou à chanter, conserve ce talent et l’exerce presque instinctivement ; mais, pour bien raisonner, la facilité acquise par l’habitude ne dispense jamais d’une attention actuelle et d’une réflexion sur les opérations de notre esprit. Si cette attention est un peu onéreuse, n’oublions pas qu’elle est nécessaire, puisque la bonne vie en dépend. Pour bien vivre, il faut bien raisonner. Au dernier jugement, Dieu ne condamnera pas seulement les pécheurs comme rebelles à sa volonté sainte, mais aussi comme insensés, c’est-à-dire comme ayant préféré l’erreur à la vérité. ”
“ Celui qui s’estime beaucoup lui-même, est disposé à la colère, parce qu’il croit aisément que les autres le méprisent ; les infirmes, ceux qui ont beaucoup de défauts naturels ou des souffrances habituelles, sont aussi plus sensibles aux moindres affronts. La colère aveugle celui qui s’y laisse emporter, et lui persuade qu’il va se consoler en affligeant les autres. La haine est pire que la colère, en ce sens qu’elle désire le mal pour le mal, tandis que la colère ne le désire que pour se satisfaire, et qu’elle cesse avec la vengeance. ”
“ Dans le premier et dans le second cas, la passion peut exister sans que la volonté y coopère ; il y aura même lutte si la volonté résiste, et c’est ce qu’on appelle le combat de l’esprit contre la chair. Quelquefois la volonté se laisse vaincre, et abandonne la vérité dont elle était convaincue, pour se mettre d’accord avec la passion qui l’obscurcit. Avant d’avoir atteint l’âge de raison, les enfants vivent d’une vie animale, et suivent le penchant des passions sensibles comme une sorte d’instinct. ”
“ Il y a deux manières d’acquérir la certitude d’une proposition. La première est la connaissance que nous en prenons par nous-mêmes, quand notre raison recherche et trouve la vérité. L’autre, c’est la voie de l’autorité ; lorsque des personnes dignes d’être crues nous assurent qu’une chose est ainsi, cela s’appelle foi. L’autorité est de deux sortes : elle vient de Dieu ou des hommes ; il y a aussi deux sortes de foi : la foi divine et la foi humaine. La foi divine n’est sujette à aucune erreur, parce que Dieu ne peut ni se tromper ni nous tromper. ”
“ On est vicieux, quand on s’en laisse dominer à la manière des bêtes, qui du reste ne sont pas blâmables, parce qu’elles n’ont pas, comme l’homme, la liberté de résister à leur instinct naturel. Les passions servent à la vertu en la rendant plus active, comme la compassion et la pitié que l’on conçoit à la vue de la misère des pauvres, excitent la charité à les soulager. De même, dans une méditation pieuse, l’imagination qui nous représente les maux à fuir ou les biens à obtenir, allume notre ardeur et nous pousse à prendre des résolutions plus généreuses. ”
“ Combien la logique est nécessaire. La raison est le plus excellent apanage de l’homme. Qui voudrait avoir l’éclat du soleil, la force du lion, l’agilité de l’aigle, à condition d’être sans intelligence ? Quelle est l’affliction des parents qui s’aperçoivent que leur enfant restera imbécile ? Ils sont inconsolables, surtout s’il s’agit d’une folie mêlée de méchanceté, ne laissant d’autre ressource que d’enfermer pour toujours cette malheureuse créature. Le mauvais usage de la raison est une véritable folie, et il rend souvent les hommes cruels et furieux. ”
“ Si le bonheur consistait dans le repos et dans l’inaction, les pierres qui sont cachées au sein de la terre se trouveraient dans une meilleure condition que les créatures intelligentes. On voit l’extravagance et la folie d’envier le bonheur d’une fleur ou d’une pierre, tandis que Dieu nous a destinés à partager celui des anges. L’homme trouve en soi le désir de la grandeur et de l’excellence, mais les passions et la corruption de notre nature viennent obscurcir l’idée de la vraie grandeur. Par un jugement vicieux, nous l’attachons à des objets qui ne lui conviennent pas ”
“ En disant qu’il faut entendre les termes d’une proposition vraie, on ne prétend pas qu’il soit nécessaire de pénétrer jusqu’au fond des choses qu’ils expriment. Ainsi, nous savons que Dieu est tout-puissant ; mais qui pourrait comprendre la valeur absolue de cette expression ? Il nous suffit d’entendre et de croire ce que l’Ange a dit à la sainte Vierge, que rien n’est impossible à Dieu. Vouloir borner la toute-puissance de Dieu à nos faibles lumières, serait vouloir enfermer l’Océan dans une coquille de noix. ”
“ L’Écriture sainte nous explique le devoir de la charité envers le prochain, comme une suite de la charité envers Dieu. Nous devons aimer notre prochain, parce qu’il est l’image de Dieu, parce que Dieu veut que nous l’aimions, et comme il veut que nous l’aimions, c’est-à-dire en lui désirant et lui procurant tout le bien spirituel et éternel que Dieu lui-même lui désire. ”
“ Ainsi que toutes les autres, la passion de la crainte vient de l’amour. Nous craignons de perdre le bien que nous aimons, ou de ne pas parvenir au bien que nous désirons. L’objet de la crainte est un mal prochain et difficile à éviter. Tout ce qui doit augmenter l’intensité et la durée du mal, augmente la crainte. S’il s’agit d’un mal sans fin, on doit en concevoir une crainte infinie. ”
“ L’amour est la première de toutes les passions et l’origine de toutes les autres ; mais il y en a de deux sortes : l’un réside dans la volonté, et est dirigé par l’entendement ; l’autre réside dans l’appétit sensitif, et est dirigé par l’imagination. Il y a aussi deux sortes de haines : la haine du véritable mal, qui est le péché, est juste et sainte. ”
“ Le meilleur moyen d’y parvenir est d’examiner soigneusement ce en quoi nous mettons notre jouissance et le repos de notre volonté : si c’est dans la mauvaise délectation des plaisirs défendus, des honneurs et des richesses, nous sommes vicieux ; si c’est dans les exercices de la vertu, indépendamment de la peine ou du plaisir sensible que nous y rencontrons, nous sommes vertueux. Pourvu qu’il plaise à Dieu, l’homme vertueux est content d’embrasser le travail, la pénitence, la dévotion, l’humilité, la résignation ”
“ Il n’est pas permis d’agir pour la seule délectation sensible : par exemple, de boire, de manger, de regarder, de jouer, de chanter, d’écouter, uniquement pour le plaisir qu’on y trouve, parce que, dans les desseins de Dieu, le plaisir n’est pas la fin pour laquelle nos actions sont ordonnées, il est seulement un moyen de les faciliter ; donc en cherchant uniquement le plaisir sensible on renverse l’ordre que Dieu a établi. ”
“ Notre entendement n’adopte jamais que ce qui est vrai, ou ce qui lui paraît vrai. De même la volonté se porte toujours vers le bien, ou vers ce qui paraît un bien. Le motif qui nous fait agir, ou nous arrête, peut se traduire en un syllogisme, ou raisonnement qui nous détermine à entreprendre une action, ou à l’omettre. Le principe général qui nous dirige toujours est celui-ci : Il faut faire le bien et éviter le mal. ”
“ Le raisonnement nous sert à rectifier l’idée de la grandeur. Pour conclusion, n’affirmons jamais qu’un attribut convient à un sujet sans avoir une idée claire et distincte de l’un et de l’autre. § III. Il ne suffit pas qu’une proposition soit vraie, il faut encore la bien entendre. Par exemple, l’Écriture sainte et la saine raison nous disent que Dieu est bon : rien de si vrai, que cette proposition, mais plusieurs l’entendent et l’appliquent mal. On dit souvent : Dieu est bon, c’est un bon Père qui ne regarde pas de si près ”
“ Prenons les décisions de l’Église pour principes certains dans tous nos raisonnements et toutes nos actions ; approuvons ce qu’elle approuve, condamnons ce qu’elle condamne, et nous resterons inébranlables dans la voie droite de la sagesse, de la justice et du salut, de la gloire et du bonheur, pour le temps et pour l’éternité. ”
“ C’est en quoi on se trompe le plus. Si le principe sur lequel on se fonde n’est pas généralement vrai, il est impossible de réduire le raisonnement à un syllogisme régulier et de s’assurer de la justesse d’une argumentation. Presque tous les proverbes, quoique énoncés généralement, ont leurs exceptions, et l’on se tromperait gravement si on voulait en tirer une conclusion absolue. Par exemple : telle mère, telle fille ; point d’argent, point de suisse, etc. § VIII. Sophismes d’amour-propre, d’intérêt ou de passion, sophismes suggérés par l’imagination. ”
“ Les idées ne nous représentent pas les objets eux-mêmes, mais les notes, caractères, propriétés ou qualités qui les distinguent. Si toutes ces qualités conviennent effectivement à l’objet qu’on veut représenter, l’idée est juste ; mais cela arrive rarement : l’expérience nous apprend à nous méfier de nos connaissances, et principalement de ce qui nous vient par l’imagination. ”
“ Dieu, qui a imprimé en nous l’amour du vrai et du bien, ne nous a pas privés du moyen de les trouver en nous abandonnant à nous-mêmes. Il nous a donné, pour y arriver, une règle certaine et infaillible dans la doctrine de l’Église catholique, toujours dirigée par le Saint-Esprit. ”
“ La logique, ou art de bien penser, nous apprend à faire un bon usage de notre raison. La faculté de raisonner, est le don le plus précieux que l’homme ait reçu de son Créateur ; c’est par la raison qu’il surpasse les autres créatures visibles, se rapproche des anges et devient l’image de Dieu. ”
“ Si vous dites : Cette maison est belle, vous exprimez un jugement où la beauté conçue par votre esprit est liée à l’idée de la maison que vous vous représentez. Si vous dites : Cette maison n’est pas belle, vous exprimez un jugement qui nie la liaison des deux idées existantes dans votre esprit. Le raisonnement a lieu quand on porte un jugement comme étant la suite d’un autre. Vous formez un raisonnement en disant : Cette maison est belle, donc elle sera vendue chèrement ; car le second jugement est déduit du précédent. § III. Des Idées. ”
“ Elle est utile quand elle apporte remède au mal : comme la compassion, qui nous porte à venir en aide au prochain que nous voyons affligé ; la douleur d’avoir offensé Dieu, qui nous engage à réparer une faute et à en faire pénitence. ”
“ Le raisonnement ne nous serait pas nécessaire, si nous pouvions voir les vérités en elles-mêmes ; mais notre esprit est si borné qu’il doit aller péniblement de l’une à l’autre. Saint Thomas d’Aquin pense que les anges n’ont pas besoin de raisonner pour parvenir à la connaissance des vérités, parce qu’ils les voient tout d’un coup en elles-mêmes. ”
“ Si l’on peut triompher d’une passion pour l’amour d’un bien sensible et humain, comme est la bonne réputation, le désir de s’enrichir, etc., à plus forte raison pourra-t-on le faire, avec le secours de la grâce, pour l’amour de Dieu et des biens éternels qu’il nous promet. ”
“ Il y a des idées dont nous concevons l’objet spirituellement et sans nous en former aucune image ; par exemple : la beauté, la vertu, ou quelque autre qualité séparée par l’abstraction du sujet où elle réside. C’est une imperfection très ordinaire à l’homme, lorsqu’il veut penser à Dieu ou aux anges, etc., de consulter son imagination et de se les dépeindre sous une forme corporelle : ainsi, se représenter Dieu comme une vaste mer, comme une étendue sans limite, comme une lumière éblouissante, etc. ”
“ L’imagination est habile à présenter des sujets d’une crainte fort nuisible, d’une crainte qui empêche de travailler, de raisonner et de prendre conseil. Il importe de régler ces terreurs imaginaires, de les dominer et de les mépriser. ”
“ La conclusion du syllogisme qui forme la conscience sera juste et légitime si elle se fonde sur des prémisses vraies ; c’est la vérité de ces prémisses qu’il faut examiner, en écartant soigneusement les passions, qui offusquent et obscurcissent la raison. ”
“ Les chrétiens ne le mettent pas en doute : ils connaissent leurs devoirs à cet égard ; mais beaucoup ignorent la passion à laquelle ils sont sujets et qu’ils devraient combattre. Il arrive fréquemment que tout leur voisinage, leurs parents et leurs amis voient clairement ce vice, dont eux-mêmes ne soupçonnent pas l’existence : c’est l’amour-propre qui les aveugle. Comme les mères n’aperçoivent pas les défauts des enfants qu’elles chérissent, de même nous nous trompons sur la nature des penchants que nous affectionnons, et il est difficile de s’éclairer complètement sur cette matière. ”
“ Tous nos raisonnements reposent sur un principe général d’où la conclusion est tirée. Si le principe est faux, la conclusion est nécessairement fausse ; si le principe est vrai, la conséquence l’est aussi, à condition qu’elle soit légitime, c’est-à-dire contenue dans les prémisses. ”
“ Ceux qui passent leur vie dans la recherche des plaisirs des sens sont vraiment malheureux, parce que ce qu’ils rencontrent ne saurait les satisfaire. Ils perdent dans cette recherche, avec leur temps, les biens spirituels, l’amitié de Dieu, la grâce et le salut éternel. La tristesse, passion occasionnée par la présence du mal, est parfois utile, et plus souvent mauvaise et pernicieuse. ”
“ L’instinct des animaux nous en fournit des exemples : si un loup voit un troupeau bien défendu par son berger, il ne l’attaque pas ; si un chien aperçoit un lièvre à une fort grande distance, il cesse de le poursuivre. À plus forte raison serait-il insensé à une créature humaine de passer son temps à espérer des choses qu’elle ne pourra jamais obtenir. Les jeunes personnes sont remplies de toutes sortes d’espérances, que leur inspirent la vivacité de leur imagination et l’ardeur de leur tempérament ”
“ Il est vrai que ces figures, et autres semblables, quand on a soin de les corriger par la raison et surtout par la foi, loin d’avoir quelque chose de répréhensible, nous servent au contraire utilement pour nous élever jusqu’à la nature de la Divinité, comme nous employons les images et les statues pour nous représenter Dieu le Père, les anges, etc. Mais tout cela est fort imparfait ; car les choses spirituelles ne peuvent jamais entrer dans le domaine de l’imagination. ”
“ La logique est un art que nous devons apprendre avec quelque peine, parce que notre raison, bornée de sa nature, est encore obscurcie par le péché originel, égarée par les préjugés et entraînée par la violence des passions. ”
“ D’autres attachent l’idée du bonheur à la parure du corps, d’autres au repos et à l’inaction ; ils ne veulent rien faire, rien apprendre, rien penser, se contentant de mener une vie oiseuse et inoccupée ; en un mot, il y a presque autant de jugements sur le bonheur, considéré en particulier, qu’il y a de personnes différentes. ”
“ Pour former notre conscience, nous devons considérer l’objet, les circonstances et la fin d’une action ; c’est-à-dire, outre la nature de la chose même qu’on se propose de faire, il faut examiner la qualité des personnes, le temps, le lieu, la manière, le motif et les résultats. ”
“ Ainsi en disant : L’homme est un animal usant bien de la raison, on ne donne pas une définition exacte, car il est malheureusement impossible d’affirmer que tout homme use bien de sa raison. De même on ne définit pas l’homme en disant seulement qu’il est une créature raisonnable, car on pourrait en dire autant de l’ange. Il importe beaucoup de bien juger. Si la logique ne nous préserve pas toujours de toute erreur, elle nous apprend du moins à veiller attentivement sur nos jugements et à les rectifier. § V. Le Raisonnement. ”
“ Le jugement par lequel on décide qu’un acte particulier est bon ou mauvais, licite ou illicite, se fonde sur un syllogisme intérieur dont les deux prémisses doivent être vraies pour que la conclusion soit légitime. Si l’on admet des prémisses défectueuses, on arrive à une fausse conclusion et l’on se forme une mauvaise conscience. ”
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