Paul Cadiou

Résumé

Paul Cadiou La Harpe de Merlin

La race des chanteurs n’est donc pas morte encore ? Que veux-tu ? Brann
J’aime éperdument la fille d’un seigneur, le comte Mark, que te dirais-je d’elle ? Elle est pour moi tout l’univers. Sa taille est flexible comme un jeune lis ; les roses pâlissent à sa vue; ses cheveux blonds lui font une auréole d’or et ses yeux, oh ! ses yeux ont une profondeur d’abîme qui attirent et fascinent.
Merlin, soupirant et à part Comme Viviane, jadis.
Brann
J’ai su trouver des vers pour chanter la gloire de son père et ses récentes conquêtes, des vers plus doux pour célébrer les charmes de sa fille Noella
Source : Wikisource

Paul Cadiou La Harpe de Merlin

Si j’ai pu te trouver, c’est qu’un heureux destin sourit à ma tendresse. J’ai pour moi l’amour, la foi, la jeunesse ; donne-moi ta harpe : je saurai en tirer des accents de triomphe et d’allégresse. Merlin
Elle est suspendue aux branches d’un vieux chêne ; ses cordes sont presque toutes brisées, elles ne sauraient plus chanter les blondes épousées, pas plus que la gloire et les conquêtes des rois, leurs batailles et leurs tournois.
Brann
Par pitié ?
Merlin
Jeune étranger, écoute : j’aurai beau la frapper de mon rameau d’or, ma harpe désormais ne peut accompagner que des chants de mort.
Source : Wikisource

Paul Cadiou La Harpe de Merlin

A-t-il pu retrouver la harpe de Merlin?
(Songeuse le front entre ses mains) . Combien sa voix était carressante, combien ses accents savaient pénétrer le fond du cœur et de l’âme. Il me semblait qu’en chantant il me transperçait de son regard ardent et doux.
(Elle quitte la fenêtre)
Pleure à jamais ton rêve d’une heure. Il ne reviendra plus celui qui, radieux, s’est montré sur ta route dans l’éclat d’une fête et à qui pour jamais s’est donné ton cœur. Il a péri sans doute : peut- être, blessé à mort, gémit-il sans secours dans le creux d’un buisson.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature