Résumé

Paul de Coubertin Le Livre d’or des Victimes du bombardement de l’Église Saint-Gervais

Il est difficile, pour qui n’y a pas assisté, de se rendre compte de l’horrible catastrophe. Pour ceux qui en sont réchappés, il est aussi difficile de la décrire. Un éclatement, des fragments d’obus traversant la nef, et en même temps la voûte s’effondrant dans un amas de poussière et de fumée qui obscurcissait complètement le jour, c’est à peu tout ce que les survivants ont pu décrire. Une immense clameur subitement interrompue s’éleva. M. l’abbé Gauthier, curé de Saint-Gervais, qui se trouvait au chœur, entendit les appels inachevés : « au sec... »
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Paul de Coubertin Le Livre d’or des Victimes du bombardement de l’Église Saint-Gervais

Telle est la loi inéluctable, bienfaisante à coup sûr, car l’humanité ne pourrait vivre si chaque souvenir douloureux devait peser à jamais sur les âmes.
Il est cependant des souvenirs dont l’horreur peut s’estomper à mesure qu’ils descendent dans le passé, mais qui ne peuvent jamais s’effacer complètement dans la mémoire des hommes.
De ce nombre, avec tant d’autres actes également infâmes qui ont fait descendre l’Allemand au-dessous de l’humanité la plus bestiale, est le bombardement de l’église Saint-Gervais, le Vendredi Saint, 29 mars 1918.
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M. l’abbé Gauthier, curé de Saint-Gervais, était au chœur. Avec un sang-froid qu’en même temps que son courage célèbre la citation de sa croix de guerre, il se dressa criant : « Mes frères, ne vous affolez pas, le danger est maintenant passé. »
Il ne l’était pourtant qu’à moitié, car des morceaux de pierre tombaient encore, et la voûte menaçait les sauveteurs d’un nouvel effondrement. Les dévouements furent superbes, nombreux et pour la plupart sans doute ignorés.
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