Résumé

Soissons 15 avril 1871. Monsieur et très-honoré Père… (1871)

Là, on trouve sous un lit un homme dont un obus avait emporté le crâne. Hélas! il n'avait pas de médaille sur lui. Ce sont les deux seules victimes que nous ayons eues dans le bombardement, où, sans un secours de Dieu miraculeux, nous devions tous périr, car tous les coups étaient dirigés sur l'ambulance, c'était le point de mire. Voilà la charité prussienne, qui devait si bien respecter les ambulances!.
Le docteur en chef arrive, il ne peut circuler et ne reconnaît plus les malades qui sont pêle-mêle, et entassés comme des
bottes de paille.
Source : Gallica

Soissons 15 avril 1871. Monsieur et très-honoré Père… (1871)

Nous étions un peu à l'abri, car quelques éclats d'obus arrivaient seulement à Saint-Léger. Le bruit, cependant, était toujours effrayant.
Mais quelle désolation! On apporte à chaque instant des hommes blessés par les obus, bras et jambes brisés. Le sang coule abondamment, il ruisselle sur les matelas et sur le carreau. Nous passons ces deux jours à nous dévouer auprès de ces pauvres blessés. Il serait impossible d'exprimer le dévouement de nos anciens malades qui nous avaient
suivis, pour faire les courses et le déménagement de ce qui était à la petite caserne pour les malades et les Sœurs.
Source : Gallica

Soissons 15 avril 1871. Monsieur et très-honoré Père… (1871)

En parcourant les planchers défoncés par les obus, j'apprends que nos Sœurs sont descendues à la cave : je m'y rends. Là sont réunis les blessés, les varioleux, les Sœurs, l'Aumônier. Près de cent cinquante personnes devaient se tenir dans cet espace si resserré. Ma Sœur Supérieure, gravement souffrante, est couchée sur une paillasse entre deux futailles vides. De son lit elle veillait à tout, donnait des
soins et des ordres pour les malades.
Source : Gallica

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