Jules Randanne, Mes souvenirs d'ambulance (1898)
“ « Vous n'êtes pas blessé bien gravement ». Il m'a répondu : « J'ai une jambe de moins; on me l'a coupée au-dessus de la cheville. On m'avait endormi; quand je me suis réveillé, j'ai senti que les nerfs tiraient; mais la douleur n'a pas été bien grande et j'éprouve les mêmes sensations que si j'avais mon pied ». Dans cette même ambulance, j'ai vu un soldat qui a les deux pieds gelés. Ce qui frappe dans les Prussiens logés chez des particuliers, c'est leur gloutonnerie, leur malpropreté, leur rudesse, et, en plusieurs, leur amour du pillage et du vol. ”
