Jules Randanne

Résumé

Jules Randanne Mes souvenirs d'ambulance (1898)

« Vous n'êtes pas blessé bien gravement ». Il m'a répondu : « J'ai une jambe de moins; on me l'a coupée au-dessus de la cheville. On m'avait endormi; quand je me suis réveillé, j'ai senti que les nerfs tiraient; mais la douleur n'a pas été bien grande et j'éprouve les mêmes sensations que si j'avais mon pied ».
Dans cette même ambulance, j'ai vu un soldat qui a les deux pieds gelés.
Ce qui frappe dans les Prussiens logés chez des particuliers, c'est leur gloutonnerie, leur malpropreté, leur rudesse, et, en plusieurs, leur amour du pillage et du vol.
Source : Gallica

Jules Randanne Mes souvenirs d'ambulance (1898)

Il était seulement décidé que M. le Supérieur, M. Fouilhoux et moi, nous irions au camp avec l'omnibus de l'ambulance.
C'est le cocher Martron qui nous conduit.
Au moment de partir, on nous rapporte le bruit qui circule dans Orléans : « Paris est débloqué! Paris est débloqué ! Ducrot est
sorti ! Ducrot est à Étampes ! » C'est une grande joie dans toute la ville; c'est une grande joie dans nos cœurs. Nous nous mettons en route sous l'empire de ces pressentiments de victoire, Le soleil semble vouloir s'associer à la fête : il brille du plus vif éclat.
Source : Gallica

Jules Randanne Mes souvenirs d'ambulance (1898)

Ceux d'Issoire et de Riom, paraît-il, n'étaient pas engagés. Ceux de Clermont se seraient distingués par une charge vigoureuse à la baïonnette. On s'attend à une affaire plus sérieuse encore peut-être entre Orléans et Paris.
Je ne sais combien nous resterons à Meung. Je suis séparé de ces messieurs, ce qui m'est un ennui ; mais comme j'ai pensé qu'il ne serait agréable pour aucun d'eux de demeurer ainsi en arrière et isolé, je me suis dévoué. Dans la vie que nous menons, il y a d'ailleurs matière à plus d'un sacrifice.
Source : Gallica

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