Résumé

Portrait de Platon Platon Lettres de Platon

Pour moi, ajoutais-je, c’est quasi forcé par toi et par les autres que j’ai partagé la table, la demeure et les sacrifices de Denys. Le tyran croyait, peut-être, sur l’affirmation de nombreux calomniateurs, que je conspirais avec toi contre lui et contre la tyrannie, — et pourtant il ne m’a pas d fait mettre à mort et a reculé devant ce crime. De plus, je ne suis plus d’âge à m’associer à qui que ce soit pour une entreprise guerrière. Au contraire, je suis des vôtres, si jamais, éprouvant le besoin de vous unir d’amitié, vous voulez faire quelque chose de bon.
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Aveugle qui ne voit pas auxquelles de ses actions s’attache l’impiété, quel mal est toujours lié à chacun de ses crimes, impiété que nécessairement l’âme injuste traîne avec elle, et sur cette terre et sous c terre, dans toutes ses honteuses et misérables pérégrinations. C’est donc par ces discours, ou d’autres du même genre, que je persuadais Dion. J’aurais ainsi de justes motifs de m’indigner contre ceux qui l’ont tué, tout autant que contre Denys : ils m’ont causé, les uns et les autres, le plus grave dommage, à moi, et, je puis le dire, à tous les hommes.
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De plus, en m’honorant et en prenant toi-même l’initiative, c’est la philosophie que tu paraîtras honorer, et voilà précisément (car tu tiens compte aussi des autres) qui t’apportera l’estime de beaucoup en qualité de philosophe. Pour moi, te donnant des marques d’honneur sans être payé de retour, je passerais pour un homme qui admire et poursuit la richesse : et pour tout le monde, nous le savons, cela ne s’appelle point d’un beau nom. En un mot, la déférence de toi à moi est une parure pour nous deux ; de moi à toi, une honte pour l’un comme pour l’autre.
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