“ Pour moi, ajoutais-je, c’est quasi forcé par toi et par les autres que j’ai partagé la table, la demeure et les sacrifices de Denys. Le tyran croyait, peut-être, sur l’affirmation de nombreux calomniateurs, que je conspirais avec toi contre lui et contre la tyrannie, — et pourtant il ne m’a pas d fait mettre à mort et a reculé devant ce crime. De plus, je ne suis plus d’âge à m’associer à qui que ce soit pour une entreprise guerrière. Au contraire, je suis des vôtres, si jamais, éprouvant le besoin de vous unir d’amitié, vous voulez faire quelque chose de bon. ”
Platon
Résumé
Les Lettres de Platon, rédigées par le philosophe grec, offrent un aperçu intime de ses réflexions et des enjeux politiques de la Sicile du IVe siècle. À travers des correspondances avec Dion, Denys et d'autres personnages comme Héraclide, Platon examine les liens entre philosophie et autorité, soulignant l'antagonisme entre l'âme équilibrée et la tyrannie.
Ces textes, nourris de dialogues et de critiques sociales, mettent en évidence les questions de l'authenticité et de la vertu, tout en illustrant les difficultés de l'implication politique pour le philosophe. Leur étude révèle une pensée profondément ancrée dans la dialectique entre idéalisme et réalisme.
Citations de Lettres de Platon (Platon)
“ Aveugle qui ne voit pas auxquelles de ses actions s’attache l’impiété, quel mal est toujours lié à chacun de ses crimes, impiété que nécessairement l’âme injuste traîne avec elle, et sur cette terre et sous c terre, dans toutes ses honteuses et misérables pérégrinations. C’est donc par ces discours, ou d’autres du même genre, que je persuadais Dion. J’aurais ainsi de justes motifs de m’indigner contre ceux qui l’ont tué, tout autant que contre Denys : ils m’ont causé, les uns et les autres, le plus grave dommage, à moi, et, je puis le dire, à tous les hommes. ”
“ De plus, en m’honorant et en prenant toi-même l’initiative, c’est la philosophie que tu paraîtras honorer, et voilà précisément (car tu tiens compte aussi des autres) qui t’apportera l’estime de beaucoup en qualité de philosophe. Pour moi, te donnant des marques d’honneur sans être payé de retour, je passerais pour un homme qui admire et poursuit la richesse : et pour tout le monde, nous le savons, cela ne s’appelle point d’un beau nom. En un mot, la déférence de toi à moi est une parure pour nous deux ; de moi à toi, une honte pour l’un comme pour l’autre. ”
