Princesse Kourakine

Résumé

Princesse Kourakine Revue des Deux Mondes

Il y avait une église à la prison ; par miracle, les Bolchévistes ne l’avaient point fermée et y toléraient le service divin. Le temps était magnifique, malgré la saison peu avancée. Les fenêtres de l’hôpital faisaient face à l’église ; la messe de minuit avait commencé, mais je ne pouvais me décider à m’y rendre : je craignais d’éclater en sanglots, et ne voulais pas montrer mon émotion. J’ouvris la fenêtre... L’église était brillamment illuminée, j’entendais chanter : « Le Christ est ressuscité, » toutes les cloches de Moscou sonnaient et les étoiles scintillaient dans le ciel clair.
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Princesse Kourakine Revue des Deux Mondes

Je causais volontiers avec eux, pour tâcher de me rendre compte de leur état d’esprit vis à vis des Soviets, des « Blancs » et de Koltchak. Hélas ! l’impression que me laissait chacune de ces conversations n’était guère rassurante. Ils n’étaient pas partisans du communisme, couvraient d’injures les bolchévistes et les blâmaient sévèrement pour leur cruauté... mais ils étaient d’une indifférence profonde à l’égard des « Blancs » et n’avaient, à vrai dire, aucune opinion politique.
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Princesse Kourakine Revue des Deux Mondes

La route de la prison au Kremlin me parut interminable. Il était six heures du soir quand nous arrivâmes enfin à destination. Nous fûmes bientôt rejoints par un prisonnier qu’on menait également au Kremlin. De taille moyenne, le visage sympathique, il paraissait tout jeune. C’était le président de ta « Commission pour affaires des jeunes criminels, » ce Tarabykine, dont l’existence m’avait été jusqu’alors complètement inconnue, et dont la destinée se trouvait si étrangement liée à la mienne.
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