Pétrus Borel

Pétrus Borel

Résumé

Portrait de Pétrus Borel Pétrus Borel Rapsodies

Richelieu hurle en vain, point d’extradition ! —
Puis, voilà son anneau, car je suis fiancée.
Maintenant j’ai tout dit, sans arrière-pensée.
M’épanchant dans ton sein, j’ai mis mon cœur à jour.
Si je fais tout cela, c’est filial amour,
Et souffre autant que toi. Connaissant de ton âme
La force et la beauté je n’attendais nul blâme.
N’est-ce pas, mon ami, que tu m’aurais dicté
Ce que j’ai fait sans toi ?... Viens donc a mon côté.
Pourquoi cet œil jaloux, muet ?... mon sacrifice
Est-il moins que le tien ? crois-tu que mon supplice
Puisse être plus affreux ?
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Portrait de Pétrus Borel Pétrus Borel Rapsodies

Pars, va-t-en, il est tard ! — Non, non, ce ne peut être,
Car mon être embrasé veut avoir un autre être ;
Car longtemps j’attendis ; ne dis plus a demain.
Tu me livres ton front, ton beau col et ta main,
Puis il faut que, le cœur plein d’ardeur et de joie,
Je caresse en enfant cette robe de soie :
Non, ce n’est plus assez, non, je voudrais ton corps,
Je le voudrais entier !... Vainement tu me mords.
Point de cris, point de pleurs. — Monstre ! — Belle maîtresse :
Rien que des pleurs de joie et des râles d’ivresse !...
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Portrait de Pétrus Borel Pétrus Borel Rapsodies

C’est bonheur de frapper un tyran ? et, de joie
Crier entre ses os, d’y clouer le trépas !
Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle,
Dors ! bercé dans ma main, patriote trésor !
Tu dois être bien las ? sur toi le sang ruissèle,
Et du choc de cent coups ta lame vibre encor !
La mort d’un oppresseur, va, ne peut être un crime :
On m’enchaîna petit, grand j’ai rompu mes fers.
Le peuple a son réveil ; malheur à qui l’opprime !
Il mesure sa haine au joug, aux maux soufferts.
Dors, mon bon poignard, dors, vieux compagnon fidèle,
Dors, bercé dans ma main, patriote trésor !
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