Victor Féli

Résumé

Victor Féli Le mot que rien n'efface (1938)

Le manoir de Kernevez ressemble à un palais de légende. Dans la nuit claire la neige recouvre toutes choses, le village, le clocher à jour, l'église, dont brillent les vitraux! Noël! Noël!
Madame Le Gallec est seule dans sa chambre, où elle prie. Elle a été seule pour sa collation à la salle à manger, seule au salon, seule dans sa grande maison ... seule !... seule! ... sous les regards discrètement affligés de ses vieux domestiques. Pour la première fois en sa longue
existence, elle est seule un soir de Noël, et malgré elle, des larmes tombent parfois sur son livre de prières.
Source : Gallica

Victor Féli Le mot que rien n'efface (1938)

Le bon prêtre savait bien ce que signifiait ce vide dans un mariage, qu'il n'avait point souhaité pour cette enfant, victime des folies paternelles; mais, de même que Maître Arlieux, il s'était dit que l'avenir pouvait être heureux, par l'honnêteté réelle de Charadon et l'exquise loyauté de Ghislaine.
— Ma petite fille, conclut le vieux curé, encourageant, nous avons, tous, en n'importe quelle grave circonstance de notre vie, cette sensation d'un « manque ». Il faut le combler, vaillamment, mais très simplement. Un grand devoir s'inscrit devant vous. Acceptez-le dans toute sa plénitude.
Source : Gallica

Victor Féli Le mot que rien n'efface (1938)

L'industriel se détourna: inconsciemment, ses ongles labourèrent le granit.
Ils redescendirent, toujours poursuivis par les rafales et, restaient également silencieux. Ghislaine avait pris le bras de son mari pour lutter contre le vent, mais elle s'arrêta à un détour des remparts.
— Une minute, dit-elle. C'est si beau!
Albert, d'un geste involontaire, et, au surplus, fort naturel, retira le bras que tenait la jeune femme, le passa autour de sa taille et la retint contre lui.
— Me voici bien défendue! dit-elle à mi-voix, avec un léger rire, peut-être un peu gênée.
Source : Gallica

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