Résumé

Victor Giraud  Un témoignage alsacien sur l’Alsace-Lorraine

La France, n’ayant pas à libérer trois millions de ses enfans, ne se sentant pas menacée dans son existence même, n’aurait pas eu à rechercher l’alliance russe et l’amitié anglaise. Le formidable conflit d’aujourd’hui eût été évité...
Ce sont là des rêves ; et la tragique réalité est tout autre. Fière de sa force, enivrée de sa victoire, l’Allemagne a cru que la violence était la reine du monde, et elle s’est préparée, par la violence, à faire la conquête du monde. Elle a piétiné l’Alsace-Lorraine comme elle avait piétiné le Slesvig et la malheureuse Pologne.
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Victor Giraud  Un témoignage alsacien sur l’Alsace-Lorraine

On ne fait pas au despotisme sa part. L’orgueilleuse et impérieuse Allemagne ne pouvait pas admettre une Alsace-Lorraine qui fût comme un empire dans un empire. Il n’y a pas d’autonomie possible avec une puissance qui n’abdiquera jamais la moindre parcelle de l’autorité que ses armes lui ont conquise.
Sic volo, sic jubeo, sit pro ratione voluntas. Il n’y a rien à répondre à cela, — rien qu’à se soumettre et à accepter, en attendant des jours meilleurs. Quelques-uns des autonomistes alsaciens n’ont-ils pas été victimes de la même illusion que nos pacifistes français ?
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Victor Giraud  Un témoignage alsacien sur l’Alsace-Lorraine

Les Français sont ainsi faits qu’ils déguisent leur douleur sous un sourire, leurs regrets sous un air d’indifférence, leur fidélité sous un masque d’oubli. D’autres crient sur les toits des sentimens qu’ils n’éprouvent pas. Nous avons, nous, la pudeur de nos sentimens intimes, et nous aimons mieux qu’on nous accuse de légèreté que de cabotinage. Si l’empire du bluff existe quelque part, c’est en Allemagne, ce n’est pas en France. En fait, l’idée, ne disons pas de la revanche, mais de la libération de nos frères d’Alsace-Lorraine, n’était pas morte chez nous
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