Résumé

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud L’Alsace-Lorraine depuis l’annexion

Berlin est trop mal situé pour se permettre tous les déplacemens de fantaisie ; l’esprit militaire peut y condescendre, l’esprit commercial ne s’y prêterait pas.
Toute récapitulation faite, l’empire d’Allemagne n’a point à offrir au monde, comme marché de luxe, une ville qui puisse supplanter Paris. Aux expiations qu’il nous a infligées, il n’ajoutera pas celle-là, et l’Alsace, dont il veut se faire un auxiliaire, n’acceptera pas cette complicité.
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Se traîner dans l’ornière des peuples étrangers, rester l’esclave de leurs modèles, de leurs dessins et de leurs modes, n’y a-t-il pas là de quoi inquiéter non-seulement tout ami de son pays, mais tout homme d’état ? Pour l’ami de son pays, ces signes d’infériorité sont affligeans ; l’homme d’état doit se dire que, dans de telles conditions, cette branche de l’industrie allemande peut être évincée d’un moment à l’autre du marché universel.
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Personne n’ignore quels ravages l’esprit de spéculation a faits en Allemagne : c’est le dernier de ses triomphes, et c’est le seul dont nous ayons à la féliciter ; c’est aussi le seul soulagement qu’elle ait procuré à la France, qui en a si longtemps souffert. Les hommes d’affaires nous ont en partie quittés pour transporter leur industrie sur ce nouveau théâtre. C’est notre or, paraît-il, qui les attire et grise aussi les populations d’outre-Rhin. L’or a son ivresse comme la gloire. Toujours est-il que jamais fièvre ne fut mieux caractérisée
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