Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire DE L’ÂME (1773 - 1776)

Dieu, qui nous a faits, ne nous suffit-il pas ? Qu’est donc devenu ce grand axiome : « Ne faisons point par plusieurs ce que nous pouvons faire par un seul » ?
Cette âme que vous avez imaginé être une substance n’est donc en effet qu’une faculté accordée par le grand Être, et non une personne. Elle est une propriété donnée à nos organes, et non une substance. L’homme, par sa raison non encore corrompue par la métaphysique, a-t-il jamais pu s’imaginer qu’il était double, qu’il était un composé de deux êtres, l’un visible, palpable et mortel, l’autre invisible, impalpable et immortel ?
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Portrait de Voltaire Voltaire DE L’ÂME (1773 - 1776)

Tout ce qu’on peut dire, c’est que le mal est pour nous, et non pas pour Dieu. Néron assassine son précepteur et sa mère ; un autre assassine ses parents et ses voisins ; un grand prêtre empoisonne, étrangle, égorge vingt seigneurs romains en sortant du lit de sa propre fille. Cela n’est pas plus important pour l’Être universel, âme du monde, que des moutons mangés par des loups ou par nous, et des mouches dévorées par des araignées. Il n’y a point de mal pour le grand Être ; il n’y a pour lui que le jeu de la grande machine, qui se meut sans cesse par des lois éternelles.
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Portrait de Voltaire Voltaire DE L’ÂME (1773 - 1776)

Personne ne s’avisa de recourir à Dieu, et de lui dire : Toi seul nous as fait naître, toi seul nous fais vivre un peu de temps ; toi seul nous donnes la faculté d’apercevoir, de penser, de nous ressouvenir, de combiner des idées ; toi seul fais tout, les hommes sont dans tes mains.
Tandis que tous les philosophes raisonnaient sur l’âme, les épicuriens vinrent, et dirent : L’âme n’est qu’une matière imperceptible qui naît avec nous, qui s’accroît avec nous, et meurt avec nous.
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