“ Si le crime est ainsi puni, la vertu est récompensée, non par des champs élysées où le corps se promène insipidement quand il n’est plus ; mais pendant sa vie, par le sentiment intérieur d’avoir fait son devoir, par la paix du cœur, par l’applaudissement des peuples, l’amitié des gens de bien. C’est l’opinion de Cicéron, c’est celle de Caton, de Marc-Aurèle, d’Épictète ; c’est la mienne. Ce n’est pas que ces hommes prétendent que la vertu rende parfaitement heureux. Cicéron avoue qu’un tel bonheur ne saurait être toujours pur, parce que rien ne peut l’être sur la terre. ”
Citations de Tome 25 (Voltaire)
“ La liberté n’est autre chose que le pouvoir de faire ce qu’on veut : or ce pouvoir ne peut jamais être celui de contredire les lois éternelles, établies par le grand Être. Il ne peut être que celui de les exercer, de les accomplir. Celui qui tend un arc, qui tire à lui la corde, et qui pousse la flèche, ne fait qu’exécuter les lois immuables du mouvement. Dieu soutient et dirige également la main de César qui tue ses compatriotes à Pharsale, et la main de César qui signe le pardon des vaincus. ”
“ J’avoue à Cicéron que ce qui n’est point n’est pas malheureux ; que le néant ne peut ni se réjouir ni se plaindre ; que je n’avais pas besoin d’une Tusculane pour apprendre des choses si triviales et si inutiles. On sait bien sans lui que les enfers inventés, soit par Orphée, soit par Hermès, soit par d’autres, sont des chimères absurdes. J’aurais désiré que le plus grand orateur, le premier philosophe de Rome, m’eût appris bien nettement s’il y a des âmes, ce qu’elles sont, pourquoi elles sont faites, ce qu’elles deviennent. ”
