Résumé

C. Martha Marc-Aurèle et l’Examen de conscience d’un empereur romain

On fait tort à Marc-Aurèle quand on rajuste en corps de doctrine ces pensées décousues, et que de ces libres et paisibles effusions on fait un sujet d’érudition ou de controverse. Ce n’est pas une œuvre de philosophie, mais, si l’on peut dire, de piété stoïque. On ne le comprend que si on le lit avec le cœur. Une âme qui se retire dans la solitude, qui veut oublier les jugemens des hommes, les livres, le monde, qui ne s’entretient qu’avec elle-même et avec Dieu, ne doit pas être l’objet de curiosités vaines.
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C. Martha Marc-Aurèle et l’Examen de conscience d’un empereur romain

Jamais Marc-Aurèle, malgré les délicatesses de ce qu’on pourrait appeler sa spiritualité, ne parle de ces petites vertus raffinées que les âmes qui travaillent trop sur elles-mêmes finissent par imaginer. La magnanimité, la liberté, le calme, la sainteté de la vie, voilà les objets de ses désirs. La douce impatience de ces désirs donne quelquefois un certain pathétique aux apostrophes qu’il s’adresse à lui-même : « O mon âme, quand seras-tu bonne et simple? » Quelquefois il se supplie lui-même de se donner au plus tôt des vertus qui le ravissent.
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C. Martha Marc-Aurèle et l’Examen de conscience d’un empereur romain

Une âme qui veut en éclairer une autre doit ressembler à un rayon qui pénètre dans un lieu obscur. Le rayon s’allonge et s’applique au corps opaque qui s’oppose à son passage : là il s’arrête sans défaillir, sans tomber ; ainsi l’âme doit se verser, sans épuisement et sans violence, en éclairant ce qui peut recevoir sa lumière ; mais ce n’est point assez pour la raison de Marc-Aurèle d’aller ainsi mollement au-devant des âmes comme la lumière à la surface du solide, il veut encore pénétrer l’obstacle et s’ouvrir les voies les plus fermées par la force de l’amour.
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